A45 Lyon-Saint-Etienne: Les défenseurs attendent, les opposants s'activent

AUTOROUTE Une vingtaine d’associations et ONG écologiques et paysannes a adressé une lettre ouverte à la ministre de l’Environnement…

Elisa Frisullo

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Projet autoroute A45 Saint-Etienne-Lyon
Projet autoroute A45 Saint-Etienne-Lyon — Google map

En janvier, le maire LR de Saint-Etienne (Loire) Gabriel Perdriau espérait une décision imminente du conseil d’Etat concernantl’A45. Une étape ultime et décisive censée entériner le contrat de concession de la future autoroute à Vinci et permettre ainsi de lancer les opérations préparatoires au chantier. Mais trois mois plus tard, le décret de la plus haute juridiction administrative se fait encore attendre.

Au Conseil général de la Loire, le courrier envoyé au secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies à ce sujet en février par le président Bernard Bonne est resté lettre morte, indique-t-on à 20 Minutes. « On nous a expliqué que le contrat de concession a été déposé au Conseil début mars. Il a désormais deux mois pour statuer. Nous n’avons aucune inquiétude à ce sujet », assure de son côté la mairie de Saint-Etienne. « Ce projet est désormais bien engagé », ajoute la préfecture de Région.

Une « aberration » écologique pour les opposants

Peu importe. Pour les opposants au projet autoroutier, dans les cartons depuis des décennies et autant soutenu que décrié, cette latence administrative est une occasion de plus pour tenter de convaincre le ministère de l’Environnement de « bloquer » l’A45, censée relier dès 2022 Lyon (Brignais) à Saint-Etienne (La Fouillouse) en une demi-heure.

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre Ségolène Royal, une vingtaine d’associations environnementales, confédérations paysannes et ONG lui demandent « d’intervenir pour que ce contrat de concession ne soit pas signé d’ici à la fin du quinquennat par le secrétaire d’Etats aux transports », dont elle est ministre de tutelle.

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« Cette autoroute n’est pas compatible avec un engagement sincère en matière de lutte contre les dérèglements climatiques », insistent les signataires, parmi lesquels figurent Sauvegarde des Coteaux du Lyonnais, les Frapna ou Vivre ensemble en pays Mornantais. Pour eux, ce projet est une « aberration écologique », qui va engendrer une hausse insoutenable de trafic routier et un accroissement de gaz à effet de serre.

Des dizaines de fermes menacées

L’A45, qui doit traverser les Coteaux du Lyonnais et du Jarez, viendrait découper des dizaines de fermes. « Mais les terrains agricoles étant partagés entre plusieurs familles, cela concerne des centaines de propriétaires, qui alimentent les agglomérations de Saint-Etienne et Lyon en produits de qualité », ajoute Maxime Combes, un habitant du massif du Pilat mobilisé au sein de la Coordination des opposants à l’A45.

Sans compter que l’autoroute détruirait la biodiversité exceptionnelle des territoires traversés, composés de multiples espèces protégés ou menacées, insistent les signataires, déterminés à aller jusqu’au bout. « Tout sera mis en œuvre pour éviter les expropriations et l’arrivée des tractopelles », ajoute Maxime Combes.

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Un projet à 1,2 milliard d’euros

L’A45, dont la concession a été confiée à Vinci, est soutenue par de nombreux élus et acteurs économiques et patronaux de la région, convaincus que cet axe, destiné à remplacer la vétuste et dangereuse A47, est indispensable « pour faciliter les échanges économiques entre Lyon et Saint-Etienne et favoriser l’attractivité de la métropole et de la grande région, à l’échelle européenne ».

Ce projet évalué à 1,2 milliard d’euros doit être financé à hauteur de 395 millions d’euros par l’Etat. La région Auvergne Rhône-Alpes, le département de la Loire et Saint-Etienne Métropole doivent participer à hauteur de 131 millions d’euros chacun, le reste étant à la charge de Vinci.