Valence: Un lycée accusé de contrôler la longueur des jupes de ses élèves

UNIFORME Les élèves de l’établissement appellent à manifester pour dénoncer des positions jugées sexistes…

C.G.

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Une jeune femme en mini-jupe (illustration)
Une jeune femme en mini-jupe (illustration) — Alexandre GELEBART/REA

La rumeur est partie des réseaux sociaux. Plusieurs élèves du lycée Emile Loubet de Valence, dans la Drôme, ont lancé un appel à manifester. La raison de leur colère : des décisions jugées « sexistes » que la direction de l’établissement a prises. A savoir l’interdiction de porter des jupes trop courtes et des jeans troués.

La proviseur et son adjointe sont directement accusées de « mesurer les jupes » des filles avant qu’elles ne se rendent en cours. Même inspection concernant le maquillage. Celles qui ne porteraient pas de tenues adéquates, seraient invitées à rebrousser chemin.

Un tweet viral

Tout est parti d’un tweet posté par une élève de terminale s’offusquant d’avoir été renvoyée chez elle, la semaine dernière. Depuis, le message a été relayé plus de 12 000 fois.

Membre du collectif de lutte contre le racisme et le sexisme Section Rosa, Norden Gail s’est rendue sur place pour vérifier les dires de la jeune fille. Elle aurait également fait le même constat, affirmant sur son compte Twitter que les élèves doivent « mettre leurs mains le long du corps ». « Si ses mains dépassent la jupe, elle est trop courte », appuie-t-elle.

« Du délire »

Attaquée, la proviseure parle de « délire » dans les colonnes du Dauphiné Libéré. Se défendant d’être sexiste, Pascale Frantschi contre-attaque, évoquant des « abus » de la part d’élèves.

« Certains sont venus avec des jeans qui avaient tellement de trous qu’il n’y avait presque plus de pantalon. Nous avons été obligés de dire : ça suffit », argumente-t-elle au micro de France Bleu. Quant à mesurer les jupes ? « J’ai autre chose à faire. Mais quand des jeunes filles portent des jupes où l’on voit la délimitation de leur collant ou quand on voit leur culotte dès qu’elles se baissent, on se dit qu’il y a un souci de décence », répond-elle, précisant qu’aucun élève avait été renvoyé chez lui.