Le cimetière de Loyasse à Lyon.
Le cimetière de Loyasse à Lyon. — C. Villemain/20 Minutes

ENVIRONNEMENT

Lyon: Loyasse, premier cimetière de France à devenir un refuge pour la faune

Le site est labellisé refuge « Ligue de protection des oiseaux »…

Fini les pelouses parfaitement tondues, les plantations uniformes scrupuleusement alignées, les stèles et monuments funéraires nettoyés à grands coups de produit décapant ou les allées éclairées à la nuit tombée. Pour préserver la faune et la flore, la Ville de Lyon a décidé de laisser la nature reprendre ses droits à Loyasse, l’un des plus vieux cimetières de France et le premier à être labellisé Refuge LPO (Ligue de protection des oiseaux).

>> A lire aussi : Les abeilles sauvages se portent bien en ville

Un pas supplémentaire pour la municipalité, engagée depuis 2008 dans une gestion de ses espaces vert « zéro pesticide ». « Loyasse est comme d’autres cimetières un site où l’on rencontre beaucoup d’espèces. Mais il a été aménagé sans penser à la faune et à la flore », explique Fabien Dubois, coordinateur des refuges LPO.

 

Le cimetierre de Loyasse à Lyon le 16 septembre 2013. C Villemain/20 Minutes
Le cimetierre de Loyasse à Lyon le 16 septembre 2013. C Villemain/20 Minutes - C. Villemain/20 Minutes

Le retour des vers luisants

Pendant longtemps, laisser la végétation envahir les allées des cimetières et les abords des tombes était perçu comme un signe d’abandon. « Les mentalités ont évolué mais il y a encore du travail d’information à mener pour faire comprendre que favoriser le retour de la faune dans ces lieux, c’est au contraire respecter les défunts », ajoute le chargé d’études LPO Rhône.

Depuis que les herbicides ont cessé d’être utilisés à Loyasse, que la tonte a été limitée, une soixantaine d’espèces a réinvesti ce cimetière, niché sur la colline de Fourvière, dans un couloir de migration d’oiseaux venus d’Afrique. Suite à l’inventaire réalisé par LPO en 2016, 31 espèces d’oiseaux ont été recensées, trois espèces de reptiles, de petits mammifères, des insectes.

« On y retrouve des rapaces nocturnes comme la chouette hulotte, des hérissons qui avaient disparu en raison des pesticides qu’ils ingéraient en mangeant des limaces, des lézards, des fouines, des rats fruitiers et quelques écureuils ». Le cimetière n’étant pas éclairé la nuit, les vers luisants, qui fuient les villes en raison de la pollution lumineuse, ont également fait leur réapparition.

Une mare pour faire revenir insectes, mammifères et amphibiens

Pour les années à venir, LPO, engagé dans une convention de trois ans avec la ville de Lyon, a fait des recommandations pour faire de Loyasse un site exemplaire en matière de protection de la faune et de la flore. Des prairies fleuries, à travers lesquelles les visiteurs peuvent cheminer, seront favorisées pour permettre le retour des insectes pollinisateurs. Des gîtes pour chauve-souris et abeilles sauvages devraient être installés. Des nichoirs pour mésanges, les meilleurs prédateurs des chenilles processionnaires tant chassées dans les villes, sont prévus.

Soixante-et-une espèces, dont une trentaine d'oiseaux, ont été recensé dans ce cimetière.
Soixante-et-une espèces, dont une trentaine d'oiseaux, ont été recensé dans ce cimetière. - AFP

 

Une mare devrait également être aménagée à Loyasse, privé jusqu’alors de point d’eau, afin d’attirer d’autres mammifères, des amphibiens et de favoriser la reproduction des insectes, comme les libellules.

Les agents des cimetières sont associés et formés à cette démarche afin de pouvoir renseigner le public. Des visites de Loyasse sont également prévues par LPO pour expliquer ce travail en faveur de la biodiversité. « L’idée est que Loyasse devienne une vitrine de ce que chacun peut faire chez soi et que cette expérimentation puisse être dupliquée et adaptée ensuite aux autres cimetières de la ville », ajoute Fabien Dubois.