Lyon: Trente ans du procès Barbie, de multiples événements prévus contre l'oubli

MEMOIRE Dès le mois d'avril, le public sera invité à revivre ce procès historique lors de différents rendez-vous...

Elisa Frisullo

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Klaus Barbie, en 1987, lors de son procès à Lyon.
Klaus Barbie, en 1987, lors de son procès à Lyon. — AFP

Le 11 mai 1987, le procès de Klaus Barbie s’ouvrait devant les assises du Rhône. Après neuf semaines, le « Boucher de Lyon » était reconnu coupable de crimes contre l’humanité et était condamné à la réclusion à perpétuité pour l’arrestation et la déportation de centaines de juifs et de résistants. Trente ans après ce procès historique, plusieurs manifestations sont organisées dès ce printemps et jusqu’à la fin de l’année à Lyon, capitale de la résistance.

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« Ce procès a marqué son temps et les temps à venir parce qu’il a donné un visage à l’horreur nazie », a souligné ce mercredi le préfet du Rhône, Henri-Michel Comet, lors de la présentation du programme de cette commémoration. Conférences, expos, débats, projections… 20 Minutes vous dévoile quelques-uns des temps forts.

Les écoliers, collégiens et lycéens très impliqués. La majorité des manifestations organisées sont tournées vers les jeunes générations. « Nous avons un devoir de mémoire pour que les victimes ne meurent pas de cette deuxième mort qu’est l’oubli. Nous avons également un devoir de mémoire pour les générations suivantes qui auront la responsabilité de porter le flambeau pour que demain ne soit pas hier », a souligné Sylvie Moisson, procureure générale près la cour d’appel de Lyon.

Parmi ces événements, 900 écoliers de cours moyen seront invités le 9 mai à effectuer une randonnée historique sur les lieux de mémoire de Lyon et Caluire liés au procès Barbie et à l’occupation nazie.

Pour préparer cette promenade sur le thème « Les résistances durant la Seconde Guerre mondiale », les enfants devraient, en amont, assister à des visites pédagogiques au CHRD, au mémorial national de la prison Montluc, au mémorial de la maison Dugoujon et au Rize de Villeurbanne.

Journée de mémoire à la maison d’Yzieu. Lors de son procès, le chef de la Gestapo de Lyon était poursuivi pour trois crimes contre l’humanité : la rafle de la rue Sainte-Catherine, le 9 février 1943 ; l’organisation à Lyon d’un convoi ferroviaire à destination des camps de la mort le 11 août 1944 ; et l’enlèvement des enfants d’Izieu. Le 6 avril 1944, dans ce petit village de l’Ain, 44 enfants juifs et sept membres de l’encadrement de la colonie avaient été arrêtés sur ordre de Barbie et conduits à Montluc. Ils avaient ensuite été déportés au camp Auschwitz-Birkenau. Seule l’une des monitrices, Léa Feldblum, a survécu.

Le 14 mai, une journée de rencontres est prévue à la Maison d’Izieu en présence de grands acteurs du procès Barbie. Serge Klarsfeld, avocat des enfants d’Izieu, Samuel Pintel, enfant passé par la colonie, ou encore Alain Jakubowicz, avocat des parties civiles en 1987, échangeront avec le public. Vers 18h, un spectacle tout public de l’association Hôtel Europa/Golem Théâtre est prévu. Les artistes proposeront une mise en scène des parcours d’enfants de différents pays d’Europe lors de la seconde guerre.

Le Palais de justice historique de Lyon mobilisé. Il était impossible qu’en cette année commémorant les 30 ans de ce procès, le lieu même où le Boucher de Lyon fut jugé ne participe pas pleinement à la programmation. Le 3 juillet, dans la salle des pas perdus, transformée à l’époque en salle d’audience, une projection des chefs d’accusations visant Barbie est programmée. Une lecture du nom des victimes de la barbarie de Klaus Barbie puis une lecture du verdict sera faite par un comédien. Des témoignages livrés lors du procès seront également diffusés.

Deux expositions à découvrir à la rentrée. Le 5 février 1983, au lendemain de son expulsion de Bolivie, Barbie arrive à Lyon où il est symboliquement incarcéré à la prison Montluc, là même où pendant l’occupation il a fait emprisonner et torturer de nombreuses personnes parmi lesquelles Jean Moulin. Ce lieu, devenu mémorial national, accueillera dès le 14 septembre une exposition consacrée à la fuite puis à la traque du chef de la Gestapo. Chacun pourra également découvrir les enjeux du procès, au cours duquel des prisonniers de Montluc, parties civiles, ont témoigné.

Aux archives du Rhône et de la métropole, où sont conservés les documents du procès de 1987 et ceux de Montluc, le visiteur sera invité à découvrir le rôle des écrits et de la parole lors de la préparation et le déroulement du procès.