Rhône: Ces établissements scolaires où il faut «pousser les murs des classes»

ENSEIGNEMENT De nombreux lycées et collèges dénoncent une augmentation du nombre d'élèves et un manque de moyens alloués par y faire face...

Caroline Girardon
— 
Lyon, novembre 2016. Illustration de lycée.
Lyon, novembre 2016. Illustration de lycée. — E. Frisullo / 20 Minutes

Depuis le début de l’année, leur mobilisation ne faiblit pas. Même si elle ne trouve pas toujours l’écho escompté. Augmentation des effectifs, manque de moyens alloués pour y faire face, plusieurs établissements scolaires de l’agglomération lyonnaise sont confrontés à ces problématiques et voient se profiler la rentrée 2017 avec beaucoup d’inquiétude.

Une partie du personnel mais aussi des élèves du lycée Robert-Doisneau de Vaulx-en-Velin ont été reçus mardi par François Hollande et Najat Vallaud-Belkacem, en déplacement dans la ville. La semaine dernière, les enseignants ont observé cinq jours de grève. Sans oublier un premier mouvement fin janvier.

Des moyens inchangés

Huit cents élèves sont attendus au mois de septembre. « Soit une augmentation de 200 en quatre ans », constate Clémentine Valette, professeur de lettres classiques. Les classes de seconde qui devaient accueillir 35 élèves, resteront finalement à 30 en septembre prochain. Pour le reste, c’est plus compliqué.

« Les moyens humains pour faire face à cette forte hausse sont inchangés », se désole l’enseignante. Pas assez d’heures consacrées au travail en demi-groupe ou à l’orientation des élèves. Pas assez de personnel de vie scolaire. Pourtant, cet établissement arrive bon dernier de la liste des lycées, établie par l’académie en fonction des critères sociaux (nombre de boursiers, catégorie socioprofessionnelle des parents, nombre d’élèves ayant une ou deux années de retard à l’arrivée en seconde, etc.), ce qui lui permettrait d’être classé en zone prioritaire.

>> A lire aussi: Tout comprendre aux enjeux de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire

Les lycées, les grands oubliés du réseau REP

Le problème est que les lycées ont tout simplement été oubliés de la nouvelle carte de l’éducation prioritaire. « Marcel-Seguin » à Vénissieux, en fait l’amère expérience, lui qui était pourtant classé en REP jusqu’en 2016. Son statut a donc changé mais pas la réalité puisque le lycée continue d’accueillir des élèves des collèges REP + du secteur.

>> A lire aussi : Etre en REP, ça change quoi concrètement?

Au collège Jean-Renoir de Neuville, on doit également « pousser les murs ». Selon les projections établies par métropole et l’académie, l’établissement devrait accueillir plus de 900 élèves d’ici à quatre ans, c’est-à-dire un tiers de plus qu’aujourd’hui. Deux classes de 6e doivent déjà ouvrir à la rentrée.

« Un collège n’est pas une usine »

« Un collège n’est pas une usine dont les cadences sont augmentées indifféremment selon un carnet de commandes. Chaque élève requiert un traitement attentif et particulier », estiment les enseignants qui refusent de « libérer des classes sur des demi-journées pour réduire le nombre d’adolescents se croisant dans l’établissement chaque jour ».

>> A lire aussi : «Ce n’est pas quand l'éducation prioritaire porte ses fruits qu’il faut la supprimer»

Au sein du collège Môrice-Leroux de Villeurbanne, le nombre d’élèves n’est pas en cause puisqu’il a diminué. Mais, en contrepartie, le nombre de classes a été revu à la baisse. Résultat : la situation est tout aussi problématique. Ce qui a poussé les enseignants à se mettre en grève au mois de février.

Des élèves aux « besoins particuliers »

« Depuis, on a obtenu la garantie qu’un seul poste d’enseignant serait supprimé à la rentrée au lieu de trois », dévoile Romain Lapierre, enseignant en histoire-géo. Sur 650 élèves recensés, 80 ont des « besoins particuliers ». Il s’agit de primo-arrivants, d’enfants autistes, des jeunes qui ne maîtrisent pas toutes les connaissances et compétences attendues en fin de primaire. Ou d’autres qui souffrent de troubles du comportement.

« Les effectifs sont actuellement de 29 élèves par classe. On a demandé la création de trois nouvelles classes, une en 6e et les autres en 4e et 3e. Ce qui n’a pas été accepté même l’administration se montre moins figée », conclut-il, ajoutant que la situation de l’établissement doit être réexaminée au mois de juin.