Lyon: L'arrêt du tabac chez les femmes enceintes récompensé par des bons d'achats

SANTE Le service tabacologie du centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc recherche des volontaires dans le cadre d’une étude…

Elisa Frisullo
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Une étude est en cours à Lyon pour aider les femmes enceintes à arrêter de fumer en récompensant leurs efforts par des bons d'achats.
Une étude est en cours à Lyon pour aider les femmes enceintes à arrêter de fumer en récompensant leurs efforts par des bons d'achats. — Closon / Sipa

Et si une récompense financière se révélait efficace pour aider les femmes enceintes à arrêter de fumer ? Pour le vérifier, le service tabacologie du Centre hospitalier Saint-Joseph Saint-Luc à Lyon recherche des futures mamans volontaires pour participer à une étude nationale sur l’abstinence tabagique.

Lancée en mars 2016 dans l’hôpital lyonnais, comme dans quinze autres maternités en France, cette expérimentation, portée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, doit permettre de mesurer l’impact d’une récompense, sous forme de bons d’achats, sur le taux d’abstinence des femmes enceintes fumeuses. L’objectif affiché est de trouver des moyens alternatifs pour favoriser l’arrêt de la cigarette chez cette population sur laquelle les substituts nicotiniques ont peu d’effet.

De premiers résultats encourageants

« De précédentes études ont montré que, sur ces femmes, ils n’ont pas d’efficacité significative alors que dans le reste de la population, les fumeurs s’aidant avec ces substituts ont trois fois plus de chance de réussite », explique Marie Malécot, la tabacologue en charge de cette étude. L’enjeu de l’expérimentation est de taille car aujourd’hui en France, 17 % des femmes enceintes fument à la fin de leur troisième trimestre de grossesse. « En France, nous sommes très en retard et très désemparés sur ce sujet », ajoute la médecin. Car le tabac pendant la grossesse n’est évidemment pas sans risque.

« Il peut y avoir des complications pendant la grossesse, le bébé a un poids plus petit à la naissance. Ces enfants gardent la trace que leur maman a fumé lorsqu’elle était enceinte. Ils peuvent avoir des problèmes d’asthme, de diabète, d’obésité, être hyperactifs et auront plus tendance adolescents à devenir fumeurs », ajoute Marie Malécot.

« Une réaction intracérébrale »

Dans les pays anglo-saxons où une étude similaire a été conduite, l’incitation financière a fait ses preuves. « Le fait de donner des bons d’achats à ces femmes enceintes [20 euros à chaque visite, soit 300 euros maximum] pour récompenser leurs efforts va déclencher une réaction intracérébrale. Cela va agir sur le système de la récompense, comme les bons points à l’école », précise la tabacologue.

En un an, 18 patientes ont été suivies par le service lyonnais. Les premiers résultats sont encourageants même si l’hôpital se garde bien de tirer des conclusions définitives avant la fin de l’étude, prévue en mars 2018.

Etre fortement motivé

D’ici là, les femmes enceintes fumeuses, fortement motivées pour arrêter la cigarette et volontaires pour participer à cette expérimentation, sont invitées à contacter le service tabacologie du centre hospitalier au 04 78 61 88 68, de 9 h à 17 h, du lundi au vendredi (sauf le mardi après-midi). Elles doivent être enceintes de moins de 18 semaines (4 mois et demi), être majeures, fumer au moins cinq cigarettes manufacturées par jour ou trois roulées, ne pas utiliser de cigarette électronique ou d’autres produits contenant du tabac (pipe, cigare…) pendant leur grossesse.

En deux ans, 600 femmes enceintes doivent être suivies dans le cadre de cette étude dans la France entière. A Lyon comme ailleurs, elles bénéficient de cinq à six consultations de tabacologie jusqu’à leur accouchement et d’un rappel téléphonique dans les six mois suivant la naissance.