VIDEO. Cinq cents ans après sa mort, le crâne du chevalier Bayard retrouvé

HISTOIRE Le plus proche héritier du chevalier de l'Isère assure que l'étude ADN a rendu l'identification possible...

20 Minutes avec AFP
Le crâne présenté comme étant celui du chevalier Bayard.
Le crâne présenté comme étant celui du chevalier Bayard. — AFP PHOTO / PARISOT DE BAYARD

Dans la vallée du Grésivaudan (Isère), où est né le preux chevalier, le résultat des études scientifiques était attendu avec une immense impatience. Le « plus proche héritier vivant » de Bayard a affirmé jeudi à Montpellier avoir retrouvé le crâne du « chevalier sans peur et sans reproche », né au XVe siècle et auquel il veut désormais donner une sépulture.

« On peut dire aujourd’hui qu’on a retrouvé le crâne de Bayard », a déclaré lors d’une conférence de presse Jean-Christophe Parisot de Bayard, au terme d’une « quête » généalogique, historique et génétique d’une quinzaine d’années. « C’est un moment important pour l’histoire », a commenté M. Parisot, par ailleurs préfet et romancier, en annonçant les résultats d’analyses génétiques d’un crâne qui vont être publiés dans des revues spécialisées.

Un chevalier brave et loyal

Resté dans l’histoire pour sa bravoure et sa loyauté, Pierre de Terrail, seigneur de Bayard, dont les exploits sous Charles VIII, Louis XII et François 1er ont fait rêver des générations d’écoliers, fut enterré au couvent des Minimes à Saint-Martin-d’Hères, près de Grenoble. Mais ses restes furent disséminés.

Depuis deux siècles, historiens et passionnés ont cherché à identifier les restes du héros des guerres d’Italie, né en 1476 au château de Bayard, près de Grenoble, et mort au combat, d’un coup d’arquebuse en 1524 à Romagnano Sesia, dans le Piémont italien.

En 1937, un passionné trouva trois cercueils alignés à Saint-Martin-d’Hères (Isère), l’un des corps portant une plaque d’officier et l’un des crânes étant plus sombre. M. Parisot, qui obtint l’autorisation en 2012 de relever le nom de son ancêtre, assure aujourd’hui que l’étude de l’ADN mitochondrial de ce crâne, entreposé depuis les années 1960 sur une étagère des archives de l’Isère, a rendu possible l’identification du chevalier Bayard.

 

L'ADN a parlé

En février 2016, le professeur Gérard Lucotte de l’Institut d’anthropologie génétique moléculaire de Paris, spécialiste des questions génétiques, a effectué des prélèvements sur ce crâne qui a été reconstitué « comme un puzzle », a expliqué M. Parisot, qui a passé « 600 heures » à trouver un descendant en ligne féminine de Bayard.


Dans les dents, a été prélevé l’ADN mitochondrial, qui n’évolue que tous les 500 ans. Ce dernier est identique à celui du descendant de Bayard par les femmes, selon les résultats présentés jeudi. Vingt-cinq générations séparent ces deux ADN. Selon ces analyses ADN, le propriétaire du crâne avait les cheveux châtains, les yeux marron et la peau très blanche, « ce qui rejoint les commentaires et les représentations de l’époque de Bayard », a souligné M. Parisot.

Deux portraits peints du vivant de Bayard ont également été analysés par le logiciel FACEGEN qui permet notamment de « redresser le visage » à partir de portraits de trois quarts. Or ce faciès correspond « parfaitement à la forme du crâne et notamment à l’arcade sourcilière », selon son descendant, qui parle de « preuve par l’image ».

Une sépulture pour le chevalier?

« J’ai été très bouleversé en découvrant ce visage puissant », a déclaré M. Parisot. « Ça confirme qu’il devait être un colosse. » Selon les analyses, le chevalier mesurait entre 1,80 et 1,90 m. Jean-Christophe Parisot de Bayard, atteint de myopathie depuis l’âge de 13 ans, premier préfet handicapé de France, descend de la tante du chevalier Bayard.

Il veut désormais être reconnu comme le « gardien » du crâne de Bayard. « Je demande aux archives départementales de l’Isère qu’il soit rendu à sa famille afin de réaliser une sépulture digne de son rang », a-t-il dit, précisant qu’il avait déjà fait appel à des mécènes pour réaliser un gisant près de Grenoble.