Ain: La première ferme hydrolienne fluviale au monde verra le jour en France

ENVIRONNEMENT Elle doit être mise en service à la fin de l'année 2018...

Caroline Girardon

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La première ferme hydrolienne fluviale, composée de 39 turbines, sera mise en service dans l'Ain en 2018.
La première ferme hydrolienne fluviale, composée de 39 turbines, sera mise en service dans l'Ain en 2018. — HydroQuest

Le concept est inédit. La Compagnie nationale du Rhône (CNR), deuxième producteur français d’électricité, envisage de mettre en service une « ferme hydrolienne ». Une première au monde. Le projet, évalué à 12 millions d’euros, a été retenu par l’Ademe dans le cadre du programme des investissements d’avenir.

Trente-neuf turbines doivent être mises en service à la fin de l’année 2018 sur la commune de Génissiat, dans l’Ain, non loin de la frontière suisse. Les engins, immergés dans le Rhône, produiront de l’électricité en grande quantité : 6.700 mégawatts. Soit l’équivalent de la consommation de 2.700 foyers français.

2.000 tonnes de CO2 économisées par an

« Cela représente 2.000 tonnes de CO2 économisées par an », révèle Ahmed Khaladi, responsable du projet à la CNR. Et d’ajouter : « Cette ferme sera une vitrine des nouvelles technologies qui peuvent être désormais utilisées pour produire de l’électricité ». Une technologie bien plus avantageuse que l’éolien selon lui, même si le procédé sera plus coûteux.

« L’éolien nécessite par définition d’avoir toujours de l’air. De plus, le système dérange souvent le voisinage qui se plaint des nuisances sonores et de l’esthétisme. Là, les turbines seront installées sur une barge, ancrée dans le lit du fleuve. Pas besoin de barrage. L’électricité sera générée grâce au courant de l’eau », explique Ahmed Khaladi.

Une solution pour les pays en voie de développement

L’objectif est bien évidemment de démontrer que le système fonctionne, et de faire baisser les coûts de production dans un second temps. Si le potentiel semble limité en France, en raison de l’occupation de nombreux cours d’eau, utilisés pour la production hydroélectrique, le marché s’annonce bien plus intéressant en dehors de l’Europe.

« Nous avons fait des études. Nous sommes dotés d’un produit qui peut répondre aux besoins de nombreux pays en voie de développement, où faire venir de l’énergie coûte cher », précise Ahmed Khaladi.

Le fabricant grenoblois d’hydroliennes HydroQuest, associé au projet, a déjà établi un accord avec l’Angola et noué des contacts en Birmanie et au Brésil. « Le jour où l’on prouvera que ce système est performant, tout le monde se mettra à y croire », prédit Ahmed Khalani.