Un Zlatan impitoyable, des supporters de folie... Que retient l'ASSE de ses chocs contre Manchester?

FOOTBALL Après tout, le bilan de cette sortie en Ligue Europa ne doit pas se résumer qu'à un 4-0 en deux matchs...

À Saint-Etienne, Jérémy Laugier
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Le Chaudron a encore franchi un cap mercredi au niveau de la ferveur de ses supporters.
Le Chaudron a encore franchi un cap mercredi au niveau de la ferveur de ses supporters. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Il est rare de voir un match de Coupe d’Europe à élimination directe avec aussi peu de rythme et de dramaturgie que cet ASSE-Manchester United de mercredi (0-1). Et pourtant, à l’image d’un Chaudron ayant battu son record historique d’affluence pour une rencontre européenne (41.492 spectateurs), les Stéphanois ont beaucoup appris grâce à leur 16e de finale de Ligue Europa face à l’ogre mancunien.

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Zlatan Ibrahimovic, le cauchemar sans fin des Verts

« Ça devient un peu chiant de jouer contre Zlatan, mais on n’a pas le choix », avait reconnu mardi en conférence de presse Romain Hamouma. En ayant encaissé 17 buts de l’attaquant suédois en seulement 15 matchs, l’ASSE a encore eu la preuve qu’elle était incapable de trouver la moindre parade face à lui.

Parfois roublard, toujours opportuniste avec un triplé à l’aller (3-0), Zlatan Ibrahimovic a pesé sur l’élimination stéphanoise comme personne lors des trois dernières campagnes des Verts en Ligue Europa. Dans le Forez, tout le monde croise les doigts en espérant un rapide départ de l’ancien buteur du PSG (35 ans) en MLS ou à la retraite afin de ne plus croiser la route.

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Les supporters stéphanois sont juste déments

Manchester a semblé découvrir la ferveur des supporters de l’ASSE la semaine passée. Que ce soit en ville puis à Old Trafford, ceux-ci (plus de 3.000) étaient déchaînés, au point d’être considérés comme le meilleur parcage vu par de nombreux fans des Red Devils. Si leur popularité était déjà reconnue en France, ce double affrontement très médiatisé a permis aux adeptes du Chaudron de changer de dimension.

A voir la folie du fameux « Chalala lalalala, oh Saint-Etienne », échangé par les deux kops lors des dernières minutes mercredi, on pouvait se demander si le 4-0 cumulé sur les deux matchs était vraiment en faveur des Mancuniens. Avec ce fidèle 12e homme, Sainté peut voir la suite avec optimisme.

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La conquête de l’Europe, step by step

Pour mesurer les progrès constants de l’ASSE en Ligue Europa, il convient de se remémorer l’été 2013. Fraîchement vainqueurs de la Coupe de la Ligue, les Verts sont alors piteusement éliminés (3-4, 0-1) par les inconnus d’Esbjerg (Suède), dès la phase de barrages. Avec cinq nuls et une défaite pour seulement deux buts inscrits, le bilan est à peine plus glorieux lors de la phase de poules 2014-2015. Deuxièmes de leur groupe et éliminés par Bâle en 16es de finale l’an passé (3-2, 1-2), les Verts ont clairement franchi un cap cette saison.

Deux mi-temps symbolisent ça : la deuxième contre Anderlecht pour arracher la première place du groupe (de 0-2 à 3-2) et la première à Old Trafford la semaine passée. Voir un club français capable jouer les yeux dans les yeux avec un ténor européen n’est pas désagréable. « Nous avons vécu une expérience fabuleuse en rencontrant une équipe ayant la volonté de remporter la Ligue Europa », résume l’un des présidents du club, Bernard Caïazzo.

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Du beau monde à Geoffroy-Guichard

Dans une tribune de presse où on est habitué à côtoyer comme consultants majeurs Patrice Ferri et Bruno Cheyrou, cela fait quand même tout drôle de voir les anciens internationaux anglais Michael Owen, Paul Scholes et Owen Hargeaves.

Quand on sait que Bobby Charlton, Alex Ferguson et Michel Platini étaient eux aussi à Saint-Etienne mercredi, on comprend que le Chaudron est redevenu the place to be. Comme quoi, qu’il s’agisse du Born to run de Bruce Springsteen ou de la magie européenne de l’ASSE, les seventies sont toujours prêts à resurgir.