Lyon: Le Razzle, bateau-phare culturel, prend l’eau suite à l’opposition de la Métropole

POLÉMIQUE Une pétition lancée mardi a déjà été signée par des milliers de soutiens...

Elisa Frisullo

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Le bateau-phare Razzle, salle de concerts et club avait prévu d'ouvrir en janvier 2017.
Le bateau-phare Razzle, salle de concerts et club avait prévu d'ouvrir en janvier 2017. — Razzle

Le Razzle, ce bateau-phare dédié aux concerts, aux apéros et soirées, dont l’ouverture était annoncée en janvier à Lyon, va-t-il définitivement sombrer ? Après quatre ans de travail pour donner vie à ce nouveau lieu culturel entre Rhône et Saône, ses propriétaires viennent de recevoir une fin de non-recevoir de la métropole, décisionnaire en matière d’installation de bateaux sur les fleuves de la ville.

Une décision incompréhensible pour les porteurs du projet, à l’origine du Batofar à Paris et du IBoat à Bordeaux, mais également pour les acteurs culturels, nombreux à avoir signé une pétition de soutien mise en ligne mardi par le directeur d’un label lyonnais. « A Bordeaux, les choses s’étaient faites facilement, nous pensions que ce serait la même chose à Lyon. Lorsque nous nous sommes intéressés à la ville, nous avons compris que les démarches administratives allaient être longues, mais à aucun moment nous n’avons imaginé une telle issue », explique Rihab Hdidou, codirectrice du Razzle.

De multiples rendez-vous, des rebondissements

Pendant des mois, les propriétaires de ce bateau-phare datant de 1939, ont enchaîné les rendez-vous avec les acteurs culturels, la mairie puis les services de la métropole. « A chaque fois qu’il y a eu des réserves, nous avons réussi à convaincre que nous avions notre place à Lyon. Nous ne nous sommes jamais positionnés comme des concurrents des lieux existants mais comme un site complémentaire. La jauge de 300 places que nous proposons n’existe quasiment pas sur la métropole », ajoute la responsable.

L’été dernier, après plusieurs rebondissements, la situation semble enfin se décanter. Les propriétaires du bateau-phare, qui ont investi 1.70 million d’euros pour rénover et aménager le lieu, disent avoir alors obtenu un accord oral de la Métropole pour installer leur embarcation à l’Ecluse de Caluire. Ils peaufinent la programmation dédiée aux musiques alternatives, embauchent une partie de l’équipe lyonnaise, mais ne voient pas venir l’accord écrit du Grand Lyon. « Notre erreur a été de nous fier à une réponse orale », ajoute Rihab Hdidou, qui apprend finalement en fin d’année « que le président PS de la Métropole Gérard Collomb est opposé à leur projet ».

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Plus de place pour les bateaux stationnaires selon le Grand Lyon

Une version différente de celle donnée ce mercredi par la Métropole. Contacté par 20 Minutes, le Grand Lyon indique avoir informé dès le mois d’août le directeur du groupe Batofar qu’il ne donnerait « pas une suite favorable à sa demande d’installation de la péniche car aucun emplacement correspondant à ses attentes n’était disponible ». « Dans un contexte de pénurie de linéaire fluvial, la Métropole ne souhaite pas accroître le nombre de bateaux stationnaires », précise l’institution.

« Gérard Collomb est la seule personne qui soit opposée à notre installation et c’est la seule personne qui ait toujours refusé de nous recevoir. Nous aimerions au moins avoir l’opportunité de défendre notre projet devant lui », explique la codirectrice du Razzle, dont la déception est un peu atténuée par la solidarité née autour du projet. En quelques heures, la pétition a déjà été signée par plus de 7.700 personnes. « On ne s’attendait pas à une telle mobilisation. Cela nous redonne un peu d’espoir. »