Présidentielle 2017: Pourquoi Macron, Le Pen et Mélenchon viennent-ils tous à Lyon ce week-end?

POLITIQUE Les trois candidats à la présidentielle sont tous en meeting à Lyon ce week-end. Tout sauf un hasard...

Caroline Girardon

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Emmanuel Macron le 14 janvier 2017 à Lille.
Emmanuel Macron le 14 janvier 2017 à Lille. — PDN/SIPA

Lyon, une arène où vont s’affronter trois conceptions différentes de la France et de la politique. Marine Le Pen sera ce week-end à la Cité internationale pour lancer officiellement sa campagne pour l’élection présidentielle. Tout comme Emmanuel Macron qui donnera un meeting samedi au Palais des sports et Jean-Luc Mélenchon, dimanche à Eurexpo. Tout sauf un hasard.

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La candidate frontiste a été la première à dégainer. « Lyon est la capitale des Gaules, il fallait une ville centrale et facilement accessible pour lancer sa campagne », explique Agnès Marion, conseillère régionale FN.

« Une région témoin » pour Macron

Emmanuel Macron a suivi, conscient qu’il fallait marquer un grand coup après le résultat de la primaire de la gauche. Il a donc choisi une « région témoin » qui prône « l’humanisme millénaire » et « l’économie libérale ».

« Le soutien de Gérard Collomb n’est pas étranger à son choix même si la date a été choisie depuis longtemps. Lyon se gouverne au centre. Il sait qu’il bénéficie d’un terreau important d’électeurs », confie une proche du maire de Lyon.

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« Le style politique lyonnais raisonne parfaitement avec ses idées. L’une des devises de la ville est de dire qu’il n’est pas nécessaire d’être semblable pour être rassemblé. On l’a vu avec les mandats de Michel Noir, Raymond Barre et Gérard Collomb. Ils ont su faire fi des clivages politiques pour diriger la métropole. Emmanuel Macron incarne cette idée-là », poursuit Bruno Bonnell, référent En Marche sur le Rhône, appelant les adhérents à s’inscrire.

« Adversaire idéal »

Encouragé par les leaders politiques et économiques de la région, l’ancien locataire de Bercy aura à cœur de se mesurer à deux « ténors » de la politique et de leur montrer qu’il est « l’adversaire idéal ». « Il est à leurs yeux de plus en plus crédibles. Marine Le Pen ne dit plus de lui que c’est un candidat marginal », affirme Bruno Bonnell

Jean-Luc Mélenchon sait qu’il ne vient pas forcément en terrain conquis. S’il a décidé de débarquer entre Rhône et Saône, c’est par goût du défi. « C’est un choix délibéré. Il veut prouver qu’il peut attirer plus de monde qu’eux et qu’il existe une option entre l’ultralibéralisme et le fascisme. Il vient chercher l’affrontement idéologique », confirme un militant.

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« Marine Le Pen est la seule adversaire qui ne veut pas débattre avec lui. Alors il va l’affronter sur le terrain. Elle présente une vision différente de la politique, Emmanuel Macron aussi. Jean-Luc Mélenchon incarne le troisième courant. Il se devait d’être là sur Lyon ce week-end », enchaîne Andréa Kotarac, conseiller régional et militant de la France insoumise.

A la conquête d’un électorat populaire

« Il vient sûrement pour reconquérir un électorat populaire mais je ne pense pas qu’il arrive à nous le contester car il ne parle pas des vraies inquiétudes des gens à savoir l’immigration », répond Agnès Marion. « Quand Mélechon joue ce type de rivalité frontale, cela ne lui porte pas chance. On l’a vu à Hénin-Beaumont en 2012. Je ne pense pas qu’il soit pertinent pour lui de récidiver » conclut l’élue FN.