Clermont-Ferrand: Un accouplement entre deux chiens devant la justice

PROCES Le tribunal de Clermont-Ferrand doit se pencher ce mardi sur un cas inédit...

C.G. avec AFP

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Les amours contrariées d'Eden, un épagneul breton, seront jugées mardi devant le tribunal de Clermont-Ferrand (illustration).
Les amours contrariées d'Eden, un épagneul breton, seront jugées mardi devant le tribunal de Clermont-Ferrand (illustration). — Ardea/M. Evans/Sipa

Il la destinait à un autre. Mais Eden a fini par faire tourner la tête de son voisin. Eden ? Une petite chienne épagneul breton qui réside dans le petit village de Messeix, niché au cœur du Puy-de-Dôme. Le tribunal de Clermont-Ferrand  va se pencher ce mardi sur une affaire… finalement moins cocasse qu’elle n’y paraît.

A la barre : le voisin du propriétaire d’Eden à qui ce dernier réclame plusieurs milliers de dommages et intérêts. L’homme en question possède lui aussi un chien. Un bourreau des cœurs qui a jeté son dévolu sur la petite épagneule. L’animal, un brin cabot et parvenant difficilement à maîtriser ses pulsions, a tenté d’honorer la demoiselle. Un peu rapidement, un peu brutalement.

Sept chiots

Le canidé a fini par se défaire de sa laisse, s’échapper et courir rejoindre sa congénère qui avait été attachée dans une cour voisine. Est advenu ce que l’on imagine… Les deux propriétaires n’ont pu freiner les ardeurs de leurs protégés. Surtout celui d’Eden qui envisageait de faire accoupler sa petite chienne avec un mâle de la même race.

Quelques mois plus tard, la femelle a mis bas sept chiots, de couleur noirs et blancs, comme leur géniteur. Mais cela s’est mal passé. Fatigué, l’épagneul a été conduit en urgence à la clinique vétérinaire où on lui a enlevé l’utérus.

Aujourd’hui, son propriétaire réclame 4.000 euros de dommages et intérêts au voisin : 2.000 euros pour compenser le fait que la chienne ne pourra plus jamais se reproduire et mettre au monde des chiots de race, et 2.000 euros pour les souffrances que l’animal a endurées.

La souffrance animale

« Cette histoire peut prêter à sourire mais cela pose un vrai problème juridique : est-ce qu’un animal peut être indemnisé de ses souffrances », interroge Jean-Hubert Portejoie, l’avocat du plaignant, pour qui il n’y a pas de « jurisprudence en la matière ». Il appuiera sa plaidoirie sur un nouvel article du Code civil, considérant les animaux comme « des êtres vivants doués de sensibilité ».

Reste à savoir si le propriétaire a engagé cette démarche pour le bien être de sa protégée ou par appât du gain. Pour la petite histoire, il avait tout simplement refusé de payer les soins effectués par la clinique. Il a également demandé le remboursement de ses déplacements entre son domicile et l’établissement médical…