A Lyon, «fief macroniste», les électeurs se mobilisent...mais moins qu'en 2011

PRIMAIRE DE LA GAUCHE 30.000 citoyens étaient allés aux urnes à 17h, soit deux fois moins qu'il y a six ans...

Caroline Girardon

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Lyon, le 22 janvier 2017
Les électeurs de gauche se sont mobilisés pour le premier tour de la primaire de gauche, en vue de l'élection présidentielle
Lyon, le 22 janvier 2017 Les électeurs de gauche se sont mobilisés pour le premier tour de la primaire de gauche, en vue de l'élection présidentielle —

« On n’a pas eu le temps de boire notre café ». Main posée sur l’urne, l’autre occupée à saisir les cartes d’identité des électeurs, cette militante PS ne chôme pas. « Cela ne s’arrête pas depuis ce matin », glisse-t-elle, observant la file d’attente qui s’allonge à l’entrée de la mairie du 5ème arrondissement de Lyon.

Pas de répit pour les assesseurs. « C’est une belle surprise de voir une telle mobilisation. Mais le maire aurait dû prévoir au moins deux bureaux car ce matin, les locaux sont clairement sous-dimensionnés », observe Mauricio, l’un d’entre eux.

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Les électeurs, eux patientent. « On n’a vu des gens faire demi-tour », glisse-t-on dans les rangs. « Je suis allé voter pour la primaire de droite et c’était bien mieux organisé », lâche Marcel, à la retraite, qui attend depuis 25 minutes et s’apprête à rentrer dans l’isoloir.

« La gauche n’est pas morte »

« La gauche n’est pas morte. C’est vite l’enterrer », déclare Zahia, à l’entrée de la mairie, pour justifier sa décision de voter à la primaire de la gauche. Et d’ajouter : « C’était important d’être là pour choisir son candidat car cela n’a pas toujours été le cas dans le passé. »

Hésitant entre Manuel Valls, « qui a de la prestance » et Arnaud Montebourg, la quinquagénaire laisse entendre qu’elle pourrait finalement choisir l’ancien premier ministre. Dehors, la discussion s’engage avec d’autres sympathisants de gauche.

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« On entendait dire que personne ne se mobiliserait. Aujourd’hui, on voit que ce n’est pas le cas », observe Samuel, 67 ans. « Venir, c’est préserver la démocratie, il faut bien un contre-pouvoir », affirme ce soutien de Vincent Peillon. « On a la possibilité de s’exprimer, autant le faire. Si on ne se mobilise pas, il ne faut pas venir se plaindre après ».

Des électeurs libres de leur choix

« Cela montre que les électeurs restent libres de leur choix », lance Zahia, taclant ainsi Gérard Collomb, macroniste de la première heure et ses fidèles, ayant affirmé la semaine dernière qu’ils boycotteraient le scrutin. « Le maire de Lyon n’aurait jamais dû se prononcer. Emmanuel Macron est un intrus de la gauche. Mais surtout, les élus n’ont pas à donner leurs consignes. Chacun doit rester à sa place », appuie-t-elle.

Même discours ferme dans la bouche de Marie, 80 ans, sympathisante socialiste depuis des décennies : « Collomb n’est pas vraiment un homme de gauche », sourit-elle avant d’enfoncer le clou. « C’est un opportuniste qui ne travaille que pour lui et cumule les mandats. Je n’ai pas de leçon à recevoir de lui. Chacun doit être libre de faire ses choix. »

« Les discours des politiques n’empêchent plus les citoyens d’aller voter ». 

Si Samuel reconnaît qu’Emmanuel Macron est « porté par un courant nouveau », il avoue ne pas avoir été influencé par les déclarations des élus lyonnais. « Aujourd’hui, les discours des politiques n’empêchent plus les citoyens d’aller voter ».

Quelques rangs derrière, Georges, 63 ans, abonde. Il s’est déplacé uniquement pour « empêcher Manuel Valls de nuire encore ». Son choix ? Arnaud Montebourg. « Mais j’ai hésité avec Benoît Hamon », conclut-il.

Dimanche à 17h, la fédération PS du Rhône enregistrait 30.000 votants (en ayant les résultats de 120 bureaux sur 139). Soit deux fois moins qu’en 2011 (70.000 votants). A titre de comparaison, le 20 novembre dernier, 130.000 électeurs s'étaient déplacés aux urnes pour le permier tour de la primaire de la droite.