Primaire de la gauche: A Lyon, les fidèles de Collomb boycotteront le scrutin

POLITIQUE Faisant allégeance au maire de Lyon, 46 élus ont décidé de soutenir Emmanuel Macron, allant à l'encontre des instances nationales ...

Caroline Girardon

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Emmanuel Macron en meeting à la porte de Versailles, le 10 décembre 2016.
Emmanuel Macron en meeting à la porte de Versailles, le 10 décembre 2016. — PDN/SIPA

Des traîtres à leur parti ? Ou des politiques libres de leur choix, faisant fi des consignes nationales ? Mardi, 46 élus et militants socialistes, proches de Gérard Collomb pour la plupart, ont publié un communiqué pour annoncer leur soutien à Emmanuel Macron et leur intention de boycotter dimanche le premier tour de la primaire de la gauche.

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« Nous sommes conscients que ce choix peut surprendre. Nous le faisons toutefois en responsabilité, convaincus que les valeurs que nous portons aujourd’hui sont mieux défendues par un candidat extérieur à la primaire », argumentent-ils à l’unisson.

Allégeance au maire de Lyon

Si leur ralliement à l’ancien ministre de l’économie n’est pas une surprise en soi, il traduit pour certains une allégeance au maire de Lyon, macroniste de la première heure, qui fait la pluie et le beau temps sur la politique locale. D’autant que l’élu en a remis une couche le lendemain, appelant le futur candidat socialiste à se désister en faveur de son poulain, avant même le début de la présidentielle. Une sorte de pression ?

« C’est scandaleux de tenir ce genre de propos avant même le premier tour de la primaire », s’insurge Pascale Crozon, députée socialiste qui pilote le comité de soutien à Manuel Valls. « Pourquoi ne pas demander à Emmanuel Macron de rentrer dans le processus au lieu du contraire. Cela serait beaucoup plus logique », poursuit l’élue.

« Il est clair que cette annonce et cette déclaration se font à un moment qui se veut perturbateur. Elles visent à déstabiliser la primaire. Si elles interviennent à cinq jours du premier tour, ce n’est pas un hasard », analyse Jean-Paul Bret, le maire de Villeurbanne qui réfute néanmoins l’idée d’une crise au PS du Rhône.

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« 46 élus socialistes sur l’ensemble de l’agglomération, c’est finalement peu », argumente le maire de Villeurbanne. « Je ne pense pas que cela influe sur le vote de dimanche », ajoute Yves Blein, maire de Feyzin et soutien de Manuel Valls, chargé d’organiser le scrutin.

La menace d’une implosion

« On voit ce qui s’est passé à la primaire de la droite. Les élus du Rhône s’étaient massivement prononcés en faveur de Sarkozy. Pourtant, Fillon est arrivé très largement en tête. Je crois qu’aujourd’hui, les électeurs ne se déterminent pas par rapport aux paroles des élus et à leur engagement », indique Jean-Paul Bret.

Pour autant, la menace d’une implosion plane déjà sur la fédération du Rhône. Certains élus comme Hubert Julien-Laferrière, candidat PS dans la deuxième circonscription de Lyon pour les législatives 2017 et David Kimelfeld, premier secrétaire du PS du Rhône, entre autres, ont préféré suivre la voix du maire de Lyon, quitte à se retrouver dans des positions délicates.

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« Comment peut-on être premier secrétaire de la fédération du Rhône et appeler à voter Macron ? », déplore Pascale Crozon qui, accompagnée d’autres élus, a appelé David Kimelfeld à démissionner de ses fonctions.

« Il est vrai que la situation politique à Lyon risque d’être compliquée par la suite, reconnaît Thierry Philip, le maire du 3e. Il faudra revoir sûrement revoir certaines choses, peut-être même créer un autre parti. Soit il ne se passera rien… », conclut l’élu.