Vague de froid: Comment la société Energy Pool «efface» la consommation énergétique des industriels

ECONOMIE La start-up savoyarde, qui œuvre pour soulager le réseau électrique en France, est à la première à s’être lancée sur le marché…

Caroline Girardon

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Illustration d'un réseau électrique en hiver.
Illustration d'un réseau électrique en hiver. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

Des températures qui vont descendre jusqu’à -10°C la nuit. Le froid arrive cette semaine en France, et avec lui, la menace d’une surconsommation électrique. Et d’un risque de black-out. Parmi les solutions envisagées pour éviter ce scénario et soulager le réseau : l'« effacement énergétique ». Une spécialité de la start-up Energy Pool, créée en 2009 et basée à Chambéry.

L’entreprise savoyarde a été la première à se lancer sur le marché en France, travaillant avec RTE (Réseau de transports d’électricité). Son rôle : inciter les industriels à réduire leur consommation. Un « travail de longue haleine », selon Anne-Sophie Chamoy, en charge des affaires publiques et de la stratégie au sein d’Energy Pool.

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« Nous avons identifié sur les 150 sites industriels avec lesquels nous travaillons, les machines qui peuvent s’arrêter en quelques minutes, sans que cela affecte les lignes de production », explique la jeune femme. Pour cela, la start-up a réalisé un audit détaillé et installé des outils permettant de mesurer en temps réel la consommation de ses clients.

13 minutes pour tout arrêter

Aujourd’hui, elle est en mesure d’arrêter la production en très peu de temps. « Lorsqu’il s’agit d’un événement prévu comme une vague de froid, nous sommes contactés la veille par RTE. Ainsi le jour même, nous disposons de deux heures pour prévenir les sites industriels. A eux ensuite d’arrêter les machines concernées. Les jours où nous devons faire face à un imprévu, nous mettons entre neuf et treize minutes pour réduire la consommation. Tout se fait à l’aide d’un système automatisé », précise Anne-Sophie Chamoy.

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Dernière option, la moins utilisée : tout arrêter en temps réel. Ces trois scénarios permettent à chaque fois d’économiser entre 500 et 1.000 mégawatts d’un coup. « Mille mégawatts, c’est l’équivalent d’une tranche de centrale nucléaire et c’est deux fois la consommation d’une ville comme Lyon », dévoile la jeune femme.

Les industriels rémunérés en contrepartie

Un marché juteux puisque la start-up savoyarde, qui travaille aussi en Belgique, au Royaume-Uni, Cameroun, Japon, en Corée et Turquie, a réalisé un chiffre d’affaires de 25 millions en 2016. Elle ambitionne de multiplier ce chiffre par deux en 2017. « Toutefois une partie de cet argent est reversée aux industriels qui participent », conclut Anne-Sophie Chamoy. Chaque entreprise peut percevoir jusqu’à 15.000 euros par mégawatt effaçable.