La colère d'une avocate en fauteuil roulant

C. Bianchi - ©2007 20 minutes

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L'avocate Marianne Jeoffroy-Bleitrach appréhende son arrivée à la cour d'assises de Lyon. Se déplaçant en fauteuil roulant, elle redoute les nombreuses marches du palais aux vingt-quatre colonnes (5e) où doit s'ouvrir lundi le procès en appel de l'affaire Flactif. Elle y défendra à nouveau Sandra Ortolano, soeur de Graziella, tuée en avril 2003 avec sa famille dans leur chalet du Grand-Bornand. Le bâtiment, qui doit être remis aux normes d'ici à cinq ans, est actuellement inaccessible pour les personnes handicapées. La salle des assises est elle-même surélevée. « Je vais devoir monter sur une espèce de diable, comme ceux qui montent les cageots d'orange ! peste l'avocate avec ironie. Pendant quinze jours, il va falloir demander de l'aide à chaque pause. Ça va être l'horreur. »

Dès que Marianne Jeoffroy-Bleitrach a su que le procès se tiendrait à Lyon, elle a alerté les magistrats sur sa situation, pour tenter de trouver un autre lieu. Impossible. La cour d'appel explique avoir dépensé entre 6 000 et 7 000 eur pour lui permettre de travailler dans de bonnes conditions. « Nous avons loué un appareil électrique qui monte les marches, une table à sa hauteur et deux personnes de la Croix-Rouge seront présentes pour l'aider », a indiqué Claude Consigny, secrétaire général de la première présidence. Mais voilà, Marianne Jeoffroy-Bleitrach, 54 ans, qui a fait de l'accessibilité des tribunaux son combat, ne décolère pas. « Ce n'est pas contre la cour d'appel que j'en ai, c'est contre l'Etat qui ne rénove pas les tribunaux. Beaucoup ne sont pas aux normes alors que la loi l'y oblige. »