Bosch aux prud'hommes pour discrimination raciale

F. Crouzet - ©2007 20 minutes

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Ils sont vingt-quatre hommes, originaires d'Afrique ou des DOM-TOM, et trois femmes. Tous sont ouvriers chez l'équipementier automobile Bosch à Vénissieux. Ils y travaillent depuis une vingtaine d'années. Certains ont trente-huit ans d'ancienneté. Et pourtant leur carrière n'a pas évolué. « Ma courbe d'évolution est plate. Je suis entré ouvrier P1 en 1984 et je le suis toujours, déplore Mohamed Brahmi. Les immigrés avaient les machines pénibles et crasseuses. L'atelier a même été surnommé le "continent africain" ». Ce délégué CGT se bat depuis cinq ans pour obtenir la reconnaissance d'une discrimination raciale ou sexiste à l'encontre de ceux qui sont restés en bas de l'échelle.

Cet après-midi, ces vingt-sept salariés vont demander devant le conseil des prud'hommes de Lyon 50 000 euros d'indemnités chacun, ainsi qu'un rappel de salaire. Selon la CGT, c'est la première action groupée de cette ampleur en France. Au départ, il y avait pourtant quarante-sept dossiers. Encouragés par le syndicat CFDT, certains ont accepté les indemnisations à l'amiable proposées par la direction de l'usine. « Bosch a ainsi reconnu de fait qu'il y avait eu discrimination », estime Mohamed Brahmi, responsable du collectif racisme à la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT. Le syndicat, qui concède une amélioration de la situation ces dernières années, n'a cependant pas réussi à trouver un accord avec Bosch, notamment sur le calcul des indemnités. « On ne lâchera pas, on ira jusqu'au bout », promet le délégué CGT. La direction du site Bosch de Vénissieux n'a souhaité faire aucun commentaire hier.