PSG-OL: Pour Patrice Lair, un match nul serait «déjà un exploit» face à «l’Everest du football féminin»

INTERVIEW L'entraîneur parisien a hâte de retrouver samedi (18h45) son ancien club, l'OL, pour une petite finale de la D1 féminine...

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Patrice Lair, ici à Charléty lors d'un match de Ligue des champions face aux Norvégiennes de LSK Kvinner. CHRISTOPHE SAIDI
Patrice Lair, ici à Charléty lors d'un match de Ligue des champions face aux Norvégiennes de LSK Kvinner. CHRISTOPHE SAIDI — SIPA

Après deux saisons à attendre en vain une proposition intéressante dans le football masculin, Patrice Lair est de retour dans un challenge féminin. Vainqueur de quatre titres en championnat et de deux Ligues des champions à Lyon (en 2011 et 2012), c’est cette fois sur le banc du rival parisien qu’il va tenter de rafler des trophées. Il s’est confié à 20 Minutes avant de défier son ancien club, samedi (18h45), pour le premier sommet de D1.

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Le PSG est coleader en D1 et qualifié pour les quarts de Ligue des champions. C’est le signe de trois premiers mois réussis ?

Oui, avec une quinzaine de départs cet été, c’était quand même compliqué. La mayonnaise a bien pris et les filles travaillent bien. C’est une petite récompense pour elles d’avoir un tel match à enjeu contre Lyon samedi. En début de saison, si vous m’aviez parlé d’une confrontation en étant à égalité avec l’OL en décembre, on n’y aurait pas vraiment cru. Le challenge de repartir avec des jeunes et des joueuses revanchardes est quand même intéressant.

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Quelle est l’identité de jeu de ce nouveau PSG cette saison ?

Nous sommes conquérants. Si on ne prend pas beaucoup de buts, c’est parce qu’on joue haut. Je trouve qu’on progresse collectivement. Et ce même si sur la durée du championnat, ce sera très difficile de rester à cette position. J’aimerais assurer la deuxième place pour être encore européen et faire des coups en Ligue des champions et en Coupe de France.

Votre culture de la gagne a-t-elle vite été acceptée dans ce groupe ?

Oui, les filles étaient demandeuses d’un discours conquérant. Elles ont passé plusieurs années sans rien remporter. Je suis ici pour leur faire gagner au moins un titre d’ici 2018. Nous nous devons d’avoir des objectifs très ambitieux. Quand on fait du surplace, on recule. J’ai peut-être un discours davantage axé sur la confiance et sur le dialogue qu’à Lyon, ce qui est plus adapté à mon effectif.

Celui-ci va-t-il être renforcé dans les prochains mois ?

Oui, on attend deux nouvelles joueuses, en plus d’Amandine Henry [ex-Lyonnaise désormais à Portland], qui va venir encadrer les jeunes pendant trois mois. Elle s’est fait opérer d’une pubalgie mais je compte sur elle. Elle va beaucoup nous apporter dès le mois de janvier et nous permettre de passer un petit cap.

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Cela vous fera-t-il quelque chose de retrouver beaucoup de vos anciennes joueuses samedi ?

C’est sûr que ce sera un moment spécial de retrouver l’OL. Ça reste une étape plus qu’importante de ma carrière. Plus on s’approche du match et plus j’y pense. J’ai envie que nous soyons dignes de ce match-là. A nous de jouer sans arrière-pensée.

Après quatre saisons à la tête de cette équipe (de 2010 à 2014), pensez-vous la connaître par cœur et avoir la clé pour stopper son règne en France ?

Non, Lyon a une équipe exceptionnelle, certainement beaucoup plus forte que celle que j’ai pu avoir. Il y a encore plus de talents, avec notamment Hegerberg. C’est l’Everest du football féminin. Si on peut leur poser des problèmes, ce serait une belle étape. Un match nul serait déjà un exploit.

Patrice Lair fête ici sa deuxième victoire en Ligue des champions avec l'OL, en 2012 face à Francfort (2-0).
Patrice Lair fête ici sa deuxième victoire en Ligue des champions avec l'OL, en 2012 face à Francfort (2-0). - Matthias Schrader/AP/SIPA

L’OL lâche très rarement des points. Votre seule chance d’être champions dès cette saison n’est-elle pas de faire un coup à domicile samedi ?

Sans doute, mais il faut être réaliste. Erika [défenseure brésilienne] s’est blessée le week-end dernier et je n’ai vraiment que 11 joueuses à aligner. Je ne peux pas me permettre de faire tourner sur certains matchs. Il ne peut y avoir aucune surprise tactique de ma part. Et là, on est au bout du rouleau.

Quelles sont vos relations aujourd’hui avec l’OL ?

Je n’oublie pas tout ce que j’ai gagné avec le président Aulas. Je garde toujours de bons rapports avec lui. Je l’ai encore encouragé par texto avant le match de Ligue des champions face à Séville. On n’était pas toujours d’accord mais on a eu des moments forts ensemble. Avec Bernard Lacombe, on s’appellera pour la nouvelle année. Comme Montpellier, c’est un club qui restera dans mon cœur et que je n’oublierai pas.

Deux ans et demi après, gardez-vous encore en travers de la gorge la fin de votre aventure lyonnaise ?

Avec quelques joueuses, ça a frictionné un peu à Lyon. Mais on s’est quitté en bons termes avec le président. J’en veux plus à certaines joueuses qu’au président Aulas. Et puis toute ma famille vit encore à Lyon. Je travaille à Paris, dans un club concurrent, mais je suis toujours lyonnais.