Lyon: Un observatoire pour réguler le prix des loyers

IMMOBILIER La Métropole de Lyon a presenté les données de son observatoire des loyers. Voici ce qu'il faut en retenir...

Caroline Girardon

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Lyon, le 4 Juillet 2014
Plusieurs vues de la construction du quartier de la Confluence entre le quartier Sainte-Blandine et la pointe du Confluent. On peut voir le centre de loisirs et de commerce, le musee des confluence et la darse nautique. C. Girardon / 20 Minutes
Lyon, le 4 Juillet 2014 Plusieurs vues de la construction du quartier de la Confluence entre le quartier Sainte-Blandine et la pointe du Confluent. On peut voir le centre de loisirs et de commerce, le musee des confluence et la darse nautique. C. Girardon / 20 Minutes — no credit

« Un territoire cher mais des loyers maîtrisés ». C’est ce qui ressort des données de l’Observatoire Local des loyers de Lyon, communiquées pour la première fois par la Métropole.

Cette instance a été lancée il y a deux ans, sous l’égide du Ministère du logement. L’objectif : collecter un maximum d’informations auprès des locataires et des propriétaires, par le biais d’une vaste enquête, pour établir un diagnostic assez précis des prix de l’immobilier dans le parc locatif privé. 19.000 références ont ainsi été enregistrées cette année. Voici ce qu’il faut en retenir.

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Lyon dans le haut du panier. Premier enseignement tiré des analyses : Avec un prix moyen de 11,10 euros le mètre carré, l’agglomération lyonnaise est l’une des plus chères de France. Même si elle reste nettement moins onéreuse que Paris (18,70 euros), Nice (13,30 euros) ou Montpellier (11,90 euros).

Dans Lyon intra-muros, les prix grimpent un peu plus. Il faut débourser 11,70 euros/mètre carré en moyenne.

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Les particuliers plus gourmands que les agences. « Les résultats bouleversent les idées reçues », observe Michel Le Faou, vice-président en charge de l’urbanisme. « On se rend compte que la location de particulier à particulier est plus chère que la location via une agence », révèle-t-il.

Les propriétaires auraient-ils yeux plus gros que le ventre ? « Ils ont tendance à surestimer la valeur de leurs biens alors les professionnels s’autorégulent entre eux. Les agences savent qu’elles n’ont pas intérêt à louer plus cher que ce que les gens peuvent mettre », répond Ingrid Pignard de l’Agence d’urbanisme. Pour autant, l’écart reste relativement faible entre les deux.

Il faut compter en moyenne 50 centimes de plus le mètre carré si l’on traite directement avec le propriétaire. Toutefois, les frais proposés par les agences (qui gèrent deux logements sur cinq en moyenne) ne sont pas inclus dans les données enregistrées par l’observatoire.

Les loyers ne s’envolent plus. En 2008, la crise est passée par là, freinant considérablement la hausse des loyers observée dans toute la France. Depuis, « l’augmentation est raisonnable. Elle suit celle de l’IRL (indice de référence des loyers), indique Ingrid Pignard. Pour Michel Le Faou, si le prix des loyers n’explose pas, c’est surtout en raison de la politique menée par le Grand Lyon.

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« Nous avons construit beaucoup de logements ces dix dernières années. Si nous ne l’avions pas fait, nous aurions grippé le marché immobilier et les prix auraient de fait évolué », estime l’élu.

L’observatoire, un garde-fou ? « L’idée c’est effectivement qu’il fasse office de garantie par rapport à l’évolution trop accrue des loyers », insiste Joël Prillard, directeur de la direction départementale des territoires du Rhône. La transparence fait qu’on ne peut plus tricher aussi facilement. Il y a le syndrome de la peur du gendarme ».

La métropole ne s’en cache pas : elle n’est guère favorable à l’idée d’encadrer les prix des locations. « Les résultats de l’observatoire nous encouragent à continuer la production de logements plutôt que de mettre en place un dispositif d’encadrement des loyers », confirme Michel Le Faou.