Lyon: Pourquoi les transports en commun ne sont pas gratuits les jours de pollution

POLLUTION La métropole et le Sytral, gestionnaire du réseau, argumentent un manque à gagner trop important…

Caroline Girardon

— 

Lyon, engluée dans un épisode de pollution le 8 décembre 2016. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES
Lyon, engluée dans un épisode de pollution le 8 décembre 2016. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES — AFP

Lyon le mauvais exemple ? Alors que la ville de Paris a décidé de rendre ses transports en communs gratuits les jours où elle applique la circulation alternée en période de forts pics de pollution, la métropole lyonnaise fait tout l’inverse.

Une mesure qui aurait été un moindre mal selon de nombreux citoyens. Vendredi, les automobilistes, munis de plaques d’immatriculation paires, devront laisser leur voiture au garage. Sauf qu’il n’y aura pas de métro avant 7 heures du matin, en raison d’une grève des agents TCL, entamée il y a dix jours.

>> A lire aussi : La grève TCL se poursuit vendredi, jour de circulation alternée

Pas la peine d’espérer non plus un stationnement gratuit pour ceux qui devront se rendre en ville en voiture, tôt le matin. Le maire de Lyon n’a pas l’intention de changer d’avis. « Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour », glisse-t-on dans son entourage.

Pourtant, Gérard Collomb avait bien su rendre les transports en commun gratuits en mars 2014, lorsque l’agglomération avait été touchée par un très fort épisode de pollution. Ceux qui ont bonne mémoire se souviendront également que la mesure, réclamée par les citoyens, avait été prise… à quelques jours des élections municipales.

>> A lire aussi : La circulation alternée, comment ça marche?

« Un ticket de métro coûte 1,80 euro. C’est bien moins cher que prendre sa voiture », argumente Roland Crimier, vice-président de la métropole.

500.000 euros en moins chaque jour

« Une journée gratuite sur le réseau représente un manque à gagner de 500.000 euros. En période de fête des Lumières, cela se chiffre même à 800.000 euros. Faites le calcul. Trois jours de gratuité reviendraient à 2,5 millions d’euros », appuie Raymond Deschamps, directeur général du Sytral. Et d’ajouter : « Ce n’est pas supportable financièrement pour nous. Il ne serait pas réaliste de dire qu’il faut que le réseau soit gratuit uniquement en raison de la pollution. »

« A Paris, c’est différent. Le financement des transports est pris en charge par l’Etat. Pas à Lyon », tranche Rolland Crimier précisant qu’il préfère d’économiser de l’argent pour investir dans de nouveaux projets comme le prolongement de la ligne B du métro.

« Crise sanitaire »

« Oui, les gens vont être contraints de ne pas prendre leur voiture et de la laisser stationner toute la journée. Mais les enfants des écoles respirent l’air pollué 24h/24 depuis plusieurs jours. Nous sommes face à une urgence sanitaire », plaide Pierre Hémon, élu EELV.

Les citoyens n’auront pas d’autre choix que de faire du covoiturage, ou opter pour les vélo’v qui seront gratuits… une demi-heure. Une « mesurette » pour beaucoup.