Grenoble, un modèle à suivre en matière de lutte contre la pollution?

QUALITÉ DE L'AIR « 20 Minutes » vous explique les mesures mises en place par Grenoble et Grenoble-Alpes Métropole pour lutter contre la pollution…

Elisa Frisullo

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Depuis le 1er novembre, la vignette Crit'air limite la circulation des voitures à Grenoble en cas de pics de pollution. Illustration.
Depuis le 1er novembre, la vignette Crit'air limite la circulation des voitures à Grenoble en cas de pics de pollution. Illustration. — Alexandre GELEBART/20MINUTES

En matière de qualité de l’air, Grenoble et les communes alentours, enclavées dans la vallée alpine, ne sont pas mieux loties qu’ailleurs. Cette année, la commune a déjà connu plus de 45 jours de pics de pollution, exposant la population à un véritable risque sanitaire. Jusqu’à 7 % des décès (soit un mort tous les trois jours) et 10 % des nouveaux cas de cancers du poumon seraient imputables à la pollution, selon la ville de Grenoble.

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Pour faire baisser significativement les émissions de pollution, de manière préventive mais aussi lors des épisodes pollués, plusieurs mesures ont été mises en place ces derniers mois par la mairie de Grenoble, dirigée par l’écologiste Eric Piolle, et Grenoble-Alpes Métropole, présidée par le socialiste Christophe Ferrari.

20 Minutes vous détaille ces différents dispositifs qui pourraient inspirer d’autres métropoles.

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  • La vignette Crit’Air

Après Paris, Grenoble-Alpes Métropole est la première agglomération française à avoir décidé de mettre en place une vignette antipollution. Aujourd’hui, selon la Métro, 30.000 automobilistes ont déjà acheté ce certificat destiné à limiter la circulation des véhicules les plus polluants, en cas de pics, en les classant en 6 catégories, en fonction de leur motorisation et de la date de première immatriculation. Cette mesure, expérimentée depuis le 1er novembre, sera obligatoire dès le 1er janvier et pourra donner lieu à une verbalisation.

Au deuxième jour de pollution, la vitesse est abaissée à 70 km/sur les voies urbaines rapides et les autoroutes traversant l’agglo, comme c’est le cas depuis ce mercredi. Au 5e jour, les véhicules non équipés du macaron ne peuvent pas circuler, soit environ 8 % des véhicules immatriculés. A partir du 7e jour, en plus des véhicules non dotés de la vignette, ceux classés Crit’Air 4 et 5, les plus polluants, ne sont pas autorisés à rouler (soit un quart des immatriculations).

  • Des transports moins chers en cas de pollution

Pour inciter la population à acheter sa vignette, le Syndicat mixte des transports en commun (SMTC) a décidé d’offrir, jusqu’au 1er janvier, trois tickets de bus et tram sur présentation de la facture d’achat du certificat de la qualité de l’air. Lors des pics de pollution, au 5e jour de dépassement des seuils réglementaires, le tarif Métrovélo sera diminué de moitié et un ticket unique permettra de se déplacer sur le réseau de transports en commun.

Au 7e jour, les transports seront totalement gratuits dans la métropole, mais également dans le Grésivaudan et le Pays Voironnais, rappelle Grenoble-Alpes Métropole.

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  • Une prime pour changer de chauffage à bois

Comme la Métropole Lyonnaise a prévu de le faire, l’agglomération de Grenoble offre une prime de 800 à 1.200 euros aux ménages lors du changement de leur chauffage à bois défectueux. Ces appareils vieillissants au foyer ouvert sont responsables d’un quart des émissions de particules fines.

  • Les livraisons exclues progressivement du centre-ville

Les mesures vont se mettre en place petit à petit, sans venir pénaliser les professionnels. Mais à Grenoble, l’idée est bien d’exclure du centre-ville les véhicules de livraison les plus polluants. La collectivité a décidé d’accompagner la création de deux centres de distribution urbaine (CDU), complémentaires l’un de l’autre, « pour réceptionner les marchandises provenant de différents transporteurs, les regrouper par destinataire, puis les livrer en utilisant des véhicules plus éco-responsables (au gaz naturel, électriques ou vélos) ».

Ces aires de livraisons pourront également récupérer des articles chez les commerçants pour les livrer ensuite aux clients. L’un des CDU est en test au Marché d’Intérêt National concernant la livraison des produits alimentaires des traiteurs et restaurateurs. Un second centre, piloté par La Poste, devrait être bientôt accessible pour tous les commerçants.