Qualité de l'air: Bientôt une vignette anti-pollution dans le Rhône

ENVIRONNEMENT La préfecture a fait savoir qu'elle présenterait ce dispositif, déjà mis en place à Grenoble, la semaine prochaine...

Elisa Frisullo

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L'épisode de pollution aux particules fines sévit depuis le 30 novembre 2016 sur le bassin lyonnais. Illustration.
L'épisode de pollution aux particules fines sévit depuis le 30 novembre 2016 sur le bassin lyonnais. Illustration. — SIPA

Six jours que la ville étouffe sous les particules fines. Et près d’une semaine que de nombreux habitants de la métropole, à l’instar de Laetitia, l’une des lectrices de 20 Minutes, s’interroge sur les mesures mises en place par les autorités. Ou plutôt sur « l’insuffisance » des dispositifs prévus en cas de pic de pollution, comme la circulation alternée ou la gratuité des transports en commun pourtant déployés dans d’autres agglomérations.

En réponse à ces interrogations récurrentes lors des pics de pollution, la préfecture s’apprête à franchir un cap. Elle a en effet prévu de présenter la semaine prochaine une vignette antipollution qui devrait être effective dans le Rhône début 2017.

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Calqué sur le modèle de ce qui se fait depuis peu à Grenoble et ce qui se prépare à Paris, ce certificat Crit’air, vendu 4 euros, permet de classer tous les véhicules en fonction de leur niveau de pollution afin de mieux encadrer la circulation lors des pics comme celui qui sévit actuellement dans la région. « Elle sera adaptée à notre territoire. Les enjeux relatifs à la pollution ne sont pas les mêmes d’un secteur à un autre », précise la préfecture ce mardi.

Les écologistes demandent des mesures d’urgence

De quoi sans doute apaiser un peu les inquiétudes de la population mais pas forcément les demandes répétées des élus écologistes de la Métropole qui sont de nouveau montés au créneau ces dernières heures pour réclamer des mesures d’urgence sur le bassin lyonnais.

Depuis l’activation du niveau d’alerte 1, la vitesse est abaissée de 20 km/h sur les autoroutes et voies urbaines rapides et la population est incitée à privilégier les transports en commun pour se déplacer. La métropole a mis en place une demi-heure de gratuité pour les usagers Vélo’v. « Cela n’est pas suffisant, estime Laetitia. Il est de la responsabilité de nos élus de protéger les personnes vulnérables et à risques ». Pour les élus EELV, il est également temps d’aller plus loin.

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« Il est plus que nécessaire de mettre en place la « circulation alternée » des véhicules personnels (autos et motos) et de faire réellement respecter l’interdiction de transit par Lyon des camions de plus de 7,5 tonnes », réclament-ils.

La gratuité des TCL et la circulation alternée ne sont pas d’actualité

Mais cette mesure ne semble pas à l’ordre du jour. La circulation alternée, mise en place à Paris mardi et ce mercredi, n’a de sens que si elle est accompagnée de la gratuité des TCL, mesure à laquelle la métropole n’est pas favorable. En substance, le Grand Lyon estime que cela reviendra à faire payer plus cher aux contribuables le coût des transports en commun pour un résultat très modéré, les modes doux représentant déjà aujourd’hui 70 % des déplacements sur le territoire.

La métropole développe en revanche plusieurs autres mesures sur le moyen et long terme pour agir en amont sur les sources de pollution, dans le cadre de son plan Oxygène notamment.

Décisionnaire en matière de circulation alternée, la préfecture rappelle également que ce dispositif peut être déclenché au niveau d’alerte 3, « qui correspond à quatre jours consécutifs de dépassement du seuil de pollution de 80 microgrammes/m3 ». Une situation rarissime, même si ces derniers jours, les dépassements pour les particules fines flirtent avec cette limite et stagnent autour des 76 microgrammes/m3.