Lyon: Comment le musée des Beaux-Arts a fait jouer son réseau pour se faire prêter des tableaux de Matisse

CULTURE Il aura fallu plus de deux ans à l'établissement pour convaincre les musées et les particuliers de lui prêter les pièces nécessaires à l'exposition...

Caroline Girardon

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Lyon, le 2 décembre 2016
Le musée des beaux arts de Lyon consacre une exposition à Henri Matisse jusqu'au mois de mars 2017. C. Girardon / 20 Minutes
Lyon, le 2 décembre 2016 Le musée des beaux arts de Lyon consacre une exposition à Henri Matisse jusqu'au mois de mars 2017. C. Girardon / 20 Minutes —

Un travail qui a nécessité deux ans et demi de préparation. Le musée des Beaux-Arts de Lyon propose jusqu’au 6 mars une grande exposition consacrée au peintre Henri Matisse, présentant 250 de ses œuvres. Parmi lesquels de nombreux dessins.

« Nous avons eu la chance d’avoir pu approcher la famille de l’artiste. Ils ont accepté d’ouvrir leurs cartons et de nous prêter notamment des dessins, encore jamais montrés au public », révèle Sylvie Ramond, la directrice du musée.

La majorité des toiles, esquisses ou sculptures présentées proviennent des collections du centre Pompidou à Paris, de musées européens et américains tels que le Moma, musée d’art moderne de New York, ou le musée d’art de Philadelphie.

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« Ce n’est pas simple de se faire prêter des œuvres comme celles-là, avoue Isabelle Monod-Fontaine, l’un des commissaires de l’exposition. Matisse étant très célèbre, il y a des expositions sur lui chaque semaine dans le monde entier. Les musées sont énormément sollicités. Ils ne prêtent donc pas aussi facilement leurs œuvres ».

Convaincre les musées

Ce qui a fait la différence ? « La réputation » de l’établissement et « nos réseaux », répond Isabelle Monod. Le musée de Lyon a eu la bonne idée de consacrer par le passé, une exposition aux surréalistes à New York ou aux artistes américains. Autre atout : « la solidité du projet ».

« On a voulu à travers cette exposition, montrer l’entrelacement entre les dessins et les toiles de Matisse, montrer le processus de création de l’artiste. Les grands musées accordent plus facilement de prêts lorsque les projets sont réfléchis, travaillés et différents », ajoute Isabelle Monod.

L’établissement a par exemple fait le pari de ne « pas présenter que des belles feuilles », portant une attention toute particulière « aux pages de carnet », précise Sylvie Ramond. Le « travail de persuasion » pour établir « une relation de confiance » avec les particuliers et les convaincre de prêter leurs pièces, a été tout aussi intense. Leurs œuvres représentent d’ailleurs presque un tiers des pièces exposées.