Lyon: Après la mort d'Anne-Laure fauchée par un chauffard ivre, sa famille se mobilise

ACCIDENT La jeune femme de 28 ans a été tuée le 23 octobre. Le conducteur est toujours en fuite...

Caroline Girardon
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Anne-Laure Moreno a été fauchée par un conducteur ivre le 23 octobre 2016 à Lyon avant qu'il ne prenne la fuite.
Anne-Laure Moreno a été fauchée par un conducteur ivre le 23 octobre 2016 à Lyon avant qu'il ne prenne la fuite. — Famille Moreno

Sa vie s’est arrêtée brutalement la nuit du 23 octobre. A 28 ans. Elle avait des projets plein la tête et la promesse d’une belle carrière professionnelle. Elle était « solaire », « cosmique » mais un chauffard ivre, qui conduisait sous l’emprise de stupéfiants, s'« amusant » à griller les feux rouges à toute vitesse cette nuit-là, lui a ôté la vie, gâchant celle de ses parents et de son frère à jamais.

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Une marche blanche en mémoire d’Anne-Laure se déroulera samedi 3 décembre à 14 heures, à partir du boulevard des Brotteaux jusqu’à la place Kleber de Lyon. En attendant, les collectifs « Et 6 c’était vous ? » et « Justice pour les victimes de la route » se mobilisent afin de faire évoluer la loi, pointant » la nécessité de requalifier les homicides involontaires en homicides volontaires".

Appliquer les mêmes peines

« L’objectif est de relancer une proposition de loi datant de 2012 qui est restée sans suite », explique Eric Moreno, le père de la victime. Il s’agirait d’appliquer les mêmes peines aux auteurs d’homicides involontaires qu’à ceux d’un homicide, à partir du moment où ils cumulent au moins trois des six circonstances aggravantes : délit de fuite, conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants, excès de vitesse, défaut de permis de conduire et non respect de la signalisation.

« Ce soir-là, ils cumulaient toutes les circonstances aggravantes. Comment peut-on parler d’un simple accident ? Le fait de monter dans une voiture qui ne nous appartient pas, en étant ivre, en roulant à vive allure, en grillant les feux, est-ce vraiment involontaire ? », s’interroge-t-il, écœuré par le comportement des quatre suspects présents dans la voiture.

Pas d’accès au fichier national des empreintes génétiques

Si le conducteur et l’un des passagers ont pris la poudre d’escampette, deux autres ont été arrêtés. « Ils sont sortis du véhicule accidenté et ont commencé par faire croire qu’ils étaient victimes de l’accident en tant que piétons. Heureusement que les témoins de la scène ont pu les discréditer », narre Eric Moréno.

Les deux jeunes hommes, âgés de 23 et 25 ans, mis en examen pour homicide involontaire, ont été remis en liberté. L’un d’entre eux fêtait ce soir-là la fin de son bracelet électronique, enlevé la veille. Les autres courent toujours. La police, qui a relevé des traces ADN ne peut pas actuellement pas les croiser avec des fichiers des empreintes génétiques, faute d’autorisation.

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« Une aberration » pour Eric Moréno qui souhaiterait que la loi évolue également dans ce sens. « Cette procédure est autorisée lorsqu’il s’agit de cambriolage. Pourquoi ne pas peut-on pas les utiliser dans le cadre d’une procédure d’homicide involontaire. D’autant que dans notre cas, on a affaire à des multirécidivistes ; »

Conscient que « cela ne ramènera pas Anne-Laure », le père de famille entend néanmoins faire avancer le débat pour les autres familles. « Cela peut arriver à tout le monde », conclut-il le regard embué.