Ligue 1: Et si la nouvelle rivalité OL-PSG avait des airs d'OM-Paris des années 1990?

FOOTBALL Il faut l’avouer, si on a hâte de vivre ce choc dimanche (20h45), c’est en grande partie grâce à Jean-Michel Aulas. Mais pas que…

Jérémy Laugier

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Le match OL-PSG (ici Lacazette face à Thiago Motta en 2016) a des petits airs de version 2.0 des OM-PSG des années 90 (Carlos Mozer à droite en 1991).
Le match OL-PSG (ici Lacazette face à Thiago Motta en 2016) a des petits airs de version 2.0 des OM-PSG des années 90 (Carlos Mozer à droite en 1991). — JEFF PACHOUD / AFP et COLIN MAX/SIPA

Six mois après avoir conclu leur saison de Ligue 1 à la deuxième place, mais à 31 points du PSG, les Lyonnais accueillent le club parisien dimanche (20h45) au Parc OL. Pour un sommet comme la France en a peu connu, dans le fond, depuis les OM-PSG des années 1990. On vous imagine sceptiques quant à cette comparaison, mais on se lance quand même avec quatre arguments.

Une rivalité fabriquée. On pourrait penser que la rivalité entre OM et PSG a toujours été hors du commun, dès le tout premier affrontement lors de la saison 1971-72. Ce choc culturel entre deux villes que tout oppose devait forcément sentir la poudre sur le terrain. « Non, j’ai connu des relations pacifiées avec le PSG durant plusieurs années, assure l’ancien latéral marseillais Eric Di Meco. L’animosité est montée au début des années 1990 entre Bernard Tapie et Canal +, qui a repris le club en 1991. » La présence d’ Arthur Jorge sur le banc (de 1991 à 1994) a pimenté la rivalité jusqu’à la relégation de l’OM (en 1994).

Depuis l’arrivée des Qataris en 2011 à Paris, Jean-Michel Aulas multiplie les piques à l’encontre de cette nouvelle direction du PSG. « Je ne suis pas certain qu’il soit dans une recherche de rivalité calculée, lance Eric Di Meco. C’est surtout un aveu d’impuissance par rapport à la puissance financière du PSG. Et puis c’est une manière pour lui de remettre Lyon au centre du jeu. » Si les partenaires de Maxime Gonalons viennent de remonter à la 4e place, ils pointent toujours à 7 points de Paris et auront beaucoup à perdre dimanche.

Des tentatives pour affaiblir l’adversaire. La pratique ne date pas d’hier et a été vécue sur la Canebière à bien des époques, que ce soit face à Saint-Etienne, puis Bordeaux et évidemment Paris. Si le PSG n’a pas vraiment été traumatisé par le transfert de Christophe Jallet vers l’OL en 2014, Lyon a moins goûté au choix d’Hatem Ben Arfa de privilégier la capitale l’été dernier. Et surtout, les approches parisiennes auprès de Nabil Fekir et surtout d’Alexandre Lacazette avaient des allures de coup d’intox destiné à déstabiliser l’OL.

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Un peu comme Jean-Michel Aulas une dizaine d’années plus tôt avec… l’idole parisienne Pauleta. « Ce n’était pas que dans un calcul de mettre l’embrouille à Lyon, estime Eric Di Meco. On voit bien que ce PSG a besoin d’un joueur du profil de Lacazette pour accompagner Cavani. Après, si ça affaiblit une autre équipe du championnat, c’est toujours un plus… »

Des matchs rentrés dans la légende. Si la rivalité entre l’OM et le PSG a atteint son paroxysme dans les années 90, c’était surtout lié à la rivalité sportive de deux équipes tout en haut du classement en championnat et « se battant à armes égales », comme le rappelle Eric Di Meco. Si ces affiches font encore frissonner les nostalgiques des nineties, c’est autant pour la boucherie des contacts que pour la dramaturgie souvent dingue de ces matchs. Le meilleur exemple reste évidemment celui du 29 mai 1993 au Vélodrome, avec une tête d’anthologie de Basile Boli (3-1), trois jours après avoir remporté la Ligue des champions.

Mine de rien, il commence à y avoir des histoires à raconter dans les (nombreux) OL-PSG des dernières saisons, entre le 4-4 de 2012 à Gerland, le penalty qu’a pu retirer Ibrahimovic après avoir manqué le premier face à Lopes en 2015 (merci Clément Turpin) et le but de Darder la saison passée après un sombrero culte sur Thiago Silva. Sans oublier l’inattendu « cet enc… » adressé par le pourtant placide Rémi Garde à destination de Thiago Motta.

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Un chambrage omniprésent… en version 2.0. Le « trash talking » a changé de visage avec l’arrivée des réseaux sociaux… et même d’Internet. Le moins que l’on puisse dire, c’est que JMA a pris le virage comme aucun autre dirigeant sur Twitter. « Il n’y a quand même pas trop de dérapages. A notre époque, les déclarations d’avant-match étaient souvent bien hard. Denisot m’avait même qualifié de "voyou" », confie Eric Di Meco, qui retient juste les « coups de com' » de l’OL, dans le sillage de son président.

Le dernier en date marque les esprits depuis 10 jours avec l’intense troll de l’ambiance au Parc des Princes. « Le président Aulas veut faire parler de son club mais tout est plus feutré et plus neutre à Lyon, par rapport à ce qu’on a pu vivre à Marseille, estime Bernard Casoni, ancien joueur olympien désormais entraîneur à Lorient. Ça sent moins la poudre qu’avant un OM-PSG à l’époque. » Un avis partagé par son ancien partenaire Eric Di Meco : « Quand Aulas allume les Parisiens, il n’y a pas de répondant en face [hormis de légères critiques de Nasser Al-Khelaïfi en avril 2015]. Pour lui, cette com' est une manière de donner du piquant à un match qui en manque ». Finalement, en manque-t-il tant que ça ?