Comment Yassine Benzia est passé de futur grand buteur avec l'OL à milieu remplaçant au LOSC

FOOTBALL Transfuge de Lyon en août 2015, Yassine Benzia ne s’est toujours pas imposé à Lille. L’ancien attaquant, reconverti milieu relayeur avec Frédéric Antonetti, retrouve son club formateur vendredi (20h45)…

Jérémy Laugier (avec François Launay)
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Yassine Benzia, ici au duel la saison passée avec l'ancien milieu bordelais André Poko.
Yassine Benzia, ici au duel la saison passée avec l'ancien milieu bordelais André Poko. — DENIS CHARLET / AFP

« S’est-il vraiment donné tous les moyens pour réussir jusque-là ? » Gérard Bonneau, qui a recruté Yassine Benzia au centre de formation de l’OL en 2010, suit attentivement l’évolution de la carrière de l’ancien attaquant lyonnais, qui a rejoint le LOSC en août 2015. Avant de retrouver la bande à Lacazette et Tolisso vendredi (20h45), l’international algérien de 22 ans n’a toujours pas convaincu dans le Nord.

Après avoir signé 5 buts en 25 matchs de Ligue 1 (17 titularisations) en 2015-2016, il semble avoir perdu du crédit aux yeux de Frédéric Antonetti (1 passe décisive et aucun but en 194 minutes de L1 cette saison). « Le football d’adultes n’est plus le football de jeunes, a lancé l’entraîneur lillois à son sujet mercredi. Il faut qu’il arrive à dépouiller son jeu. Le jour où il comprendra la simplicité du foot, ce sera un joueur très intéressant. »

Grégoire Viricel : « Je pensais que sa carrière irait plus haut et plus vite »

À en croire Antonetti, il en est encore assez loin, quatre ans après de belles promesses nourries par deux buts en Ligue Europa. « Il a connu le haut niveau très tôt à Lyon. Certains joueurs gèrent cela moins bien que d’autres. Je pensais que sa carrière irait plus haut et plus vite car il a largement le niveau de la Ligue 1 », assure Grégoire Viricel, son ancien partenaire au centre de formation de l’OL. À l’époque, Yassine Benzia était un redoutable buteur, auteur d’une saison à 36 réalisations en 34 matchs avec les U17 nationaux.

Au Losc, Frédéric Antonetti s’appuie sur Eder en pointe et l’utilise surtout comme un milieu relayeur, même s’il porte le numéro 9. « Il n’a pas vocation à jouer tout seul devant car il n’a pas le gabarit pour être un point d’appui, ni la vitesse pour partir en profondeur, estime le coach nordiste. Ses qualités sont plus celles d’un milieu de terrain, notamment car il peut faire jouer les autres. »

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Le 22 novembre 2012, Yassine Benzia inscrivait son premier but avec les professionnels de l'OL, lors d'un match de Ligue Europa à Prague.
Le 22 novembre 2012, Yassine Benzia inscrivait son premier but avec les professionnels de l'OL, lors d'un match de Ligue Europa à Prague. - MICHAL CIZEK / AFP

Sylvère Paillot : « Milieu relayeur, ce n’est pas du tout son registre »

Un avis que ne partage pas Sylvère Paillot, lui aussi ex-coéquipier de Benzia à Lyon. « Ce n’est pas du tout son registre, confie-t-il. Un rôle de neuf et demi lui irait bien car il a toujours les bons gestes dans la surface. Mais il ne jouera pas aussi juste au milieu. » « Yassine n’a jamais été une vraie pointe, nuance Gérard Bonneau. Je me souviens qu’il avait besoin de redescendre dans le cœur du jeu pour venir toucher des ballons. »

Plus qu’une histoire de poste, le responsable du recrutement des jeunes à l’OL espère surtout que le joueur lillois va s’imposer dans le monde professionnel : « A 22 ans, un joueur arrive en fin de post-formation. Même si ce n’est pas fini pour lui en Ligue 1, on voit qu’il lui manque quelque chose. C’est à lui de trouver les solutions. » En commençant par un déclic vendredi face à son club formateur ?

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