Laurent Wauquiez, lors d'une conférence de presse à la région, le 14 novembre 2016.
Laurent Wauquiez, lors d'une conférence de presse à la région, le 14 novembre 2016. — C. Girardon / 20 Minutes

POLITIQUE

Pour Laurent Wauquiez, la région Auvergne-Rhône-Alpes n'est pas «un tiroir-caisse»

Le président (LR) de la région a annoncé qu’il entendait réduire en 2017 de 75 millions d’euros supplémentaires les dépenses de fonctionnement sans afficher clairement ses priorités…

Il aime taper sur l’Etat et critiquer ouvertement la gestion « catastrophique » de Jean-Jack Queyranne, son prédécesseur socialiste à la tête de la région Rhône-Alpes. Laurent Wauquiez (LR) n’a pas failli à ses habitudes lundi lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a présenté les orientations budgétaires pour l’année 2017.

« L’état est en train d’asphyxier les collectivités locales », dénonce en préambule le président de région, affirmant qu’Auvergne-Rhône-Alpes sera privée l’an prochain de 52 millions d’euros de dotations alors qu’elle a récupéré les compétences économiques de chacun de ses départements ainsi qu’une partie des compétences touristiques et agricoles.

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« Dans ce contexte de très très fortes contraintes, il serait facile de se défausser et d’augmenter les impôts. Mais il n’en sera rien », claironne Laurent Wauquiez, précisant même que le montant de la carte grise passera à 43 euros pour les Auvergnats (contre 45) et restera inchangé pour les Rhonalpins.

L’objectif pour l’année à venir : réduire les dépenses de fonctionnement de 75 millions d’euros, comme en 2016. « Nous ambitionnons de réduire ces dépenses de plus en plus chaque année pour réaliser 300 millions d’euros d’économie en 2020, dernière année de la mandature », promet l’élu de droite.

« Arrêter le gaspillage de l’argent public »

« L’opposition nous dit que ce n’est pas réalisable. On veut démontrer qu’il est possible d’arrêter le gaspillage de l’argent public dans une collectivité », insiste Laurent Wauquiez, chiffres du ministère de l’intérieur à l’appui. « Nous sommes la première région à avoir économisé en 2016 le plus en matière de dépenses de fonctionnement alors que l’Occitanie a dépensé 354 millions d’euros de plus ou la Nouvelle Aquitaine, 201. »

« Cela passe par un changement de train de vie de la région et un meilleur agencement des services. Les efforts se porteront sur les indemnités perçues par les élus, sur les voyages », détaille Etienne Blanc, premier vice-président de la région. Et sur la suppression de nombreux postes. Le nombre n’a pas été dévoilé.

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Le nombre de vice-présidents a déjà été ramené à 15 au lieu de 29 et celui des conseillers régionaux siégeant à la commission permanente à 45 au lieu de 187. Sans compter les postes administratifs.

« Ici, ce n’est pas le tiroir-caisse »

« Ici ce n’est pas le tiroir-caisse. J’assume de dire que demain, il y aura moins de fonctionnaires. En fusionnant les différentes régions, le gouvernement cherchait à réduire le nombre de personnels », insiste Laurent Wauquiez. Et d’ajouter : « Pour autant, il ne s’agit pas d’un plan d’austérité. Les économies réalisées nous permettent d’investir 800 millions d’euros (12 % de plus qu’en 2016). Sans cela, le sauvetage des petites lignes de trains n’aurait pas été possible par exemple. »

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« Rideau de fumée »

« On veut nous faire croire qu’il s’agit d’un exploit. Mais non. Ce chiffre est comparable à l’investissement réalisé lors de la mandature précédente », réagit Jean-François Debat, président du groupe socialiste à la région, parlant d'« un rideau de fumée ».

« Je prends acte des économies qu’il entend réaliser. La plupart des citoyens imaginent que les dépenses de fonctionnement concernent le personnel administratif et les frais généraux. Or à la région 90 % des dépenses de fonctionnement concerne la formation des chômeurs, le fonctionnement des lycées ou des TER, le soutien aux associations », appuie l’élu.

Et d’ajouter : « Il ne suffit pas d’enlever simplement des fonctionnaires jugés inutiles. Cela ne nous dit pas où Laurent Wauquiez entend réaliser des économies, quelles sont ses priorités. » L’an dernier, les associations environnementales ont reçu 30 % des subventions en moins, les associations culturelles, 10 % et les associations concernant la politique de solidarité internationale, 60 % selon l’opposition.