Serpents et araignées font leur nid auprès des familles

ANIMAUX Le salon Reptilyon qui, comme son nom le laisse deviner, est dédié aux reptiles et se déroule à Lyon, a attiré deux fois plus de visiteurs ce week-end que l'an passé. Reportage dans les allées...

Caroline Girardon
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Le salon Reptilyon s'adresse aussi aux passionnés, désireux d'acheter un reptile, qu'aux curieux.
Le salon Reptilyon s'adresse aussi aux passionnés, désireux d'acheter un reptile, qu'aux curieux. — C. Girardon / 20 Minutes

Elle a poussé les portes du salon, Salle de la Ficelle (Lyon 4e) empreinte d’un mélange de curiosité et d’appréhension. Dimanche matin, Virginie s’est rendue pour la première fois à , salon dédié aux  , en compagnie de ses deux garçons Nils, 6 ans et Arthur, 10 ans.

« J’ai peur qu’il vienne sur moi », glisse néanmoins l’aîné lorsqu’il s’approche du stand pédagogique, où les enfants sont invités à caresser ou porter plusieurs serpents.

« Le but c’est justement de casser les préjugés que l’on peut avoir. Je voulais leur montrer que les serpents ne sont pas forcément méchants, qu’ils n’attaquent pas… même si je suis bien incapable d’en toucher un », rigole Virginie.


« On était intrigué, comme si l’on cherchait à se faire peur », explique Gildas, venu avec son épouse et ses deux enfants. Lui aussi n’est pas un passionné de reptiles. Venir dans un endroit comme celui-ci était une sorte de petit défi à relever.

« On a plaqué notre angoisse et on est venu chercher ce que l’on voit rarement… tout en restant en retrait. On ne s’approche pas de trop près », sourit ce père de famille. « Mon fils de 5 ans voulait s’enrouler  autour de ses épaules. On pourra le raconter à ma sœur qui est absolument terrorisée par les reptiles », poursuit-il.

Gabriel, biologiste, souhaitait montrer à son petit Gaspard que l’« on peut prendre soin de tous les animaux même ceux qui ne sont pas doux comme des ours en peluche ». « Mais je n’ai guère besoin de le convaincre, il est déjà fan de reptile », glisse-t-il.

« Les mentalités changent »

Pendant ce temps, Aurélie, serpent autour de la taille, fait passer ses boas ou pythons de mains en mains dans le but de « casser les préjugés ». « On voit que les mentalités changent. Les gens sont de plus en plus fascinés par les serpents qui étaient pourtant considérés comme les animaux du diable. Aujourd’hui on s’adresse beaucoup aux enfants car ils ont peu d’appréhension par rapport aux adultes ».


La pédagogie consiste aussi à rappeler quelques informations de base. « Le serpent reste un animal particulier. Il ne faut pas l’oublier, poursuit la jeune femme. Il y a tout une installation à prévoir : de la lumière, du chauffage, une cachette. Il ne faut pas en acheter un en espérant avoir la même relation avec lui qu’avec un chien, un chat ou un cochon d’inde. Ce n’est pas un animal que l’on prend sur ses genoux pour regarder la télévision. »

Oui le serpent, qui stresse facilement, malgré son calme naturel, « n’aime pas le contact humain », rappelle Aurélie, assaillie de questions. « De plus en plus de familles viennent désormais sur le salon, observe Yvan Oelschlager, l’un des organisateurs. Mais c’est le but. On ne s’adresse pas uniquement aux passionnés, qui viennent acheter de nouvelles espèces ».

Cette année, le salon a enregistré 2.800 entrées. Soit deux fois plus que l’an passé.