«L’homophobie existe surtout dans le monde du football», selon Kamel, qui lance Combat Sport

INITIATIVE Un Lyonnais de 26 ans se démène depuis plusieurs mois au sujet de la question de l’homosexualité dans le sport en France…

Jérémy Laugier

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Les lacets arc-en-ciel, ici portés en 2013 par l'ancien défenseur d'Everton John Heitinga.
Les lacets arc-en-ciel, ici portés en 2013 par l'ancien défenseur d'Everton John Heitinga. — OLLY GREENWOOD / AFP

Depuis quelques mois, le Lyonnais Kamel (26 ans) s’est lancé dans un délicat challenge. Le projet Combat Sport de cet étudiant en comptabilité vise à « aider les sportifs homosexuels et bisexuels à s’en sortir ». Il multiplie ainsi les échanges avec des boxeurs, rugbymen et footballeurs en activité.

« Un sportif cherche à rester dans la norme d’un vestiaire, explique Kamel. D’ailleurs, je ne lui conseille pas d’effectuer son coming out durant sa carrière car les joueurs et surtout les supporters adverses pourraient jouer sur cet aspect, qui est de l’ordre de la vie privée. »

« Le football reste un sport très machiste »

Les exemples de coming out les plus célèbres ces dernières années ont eu lieu dans le rugby, avec les Gallois Gareth Thomas et Nigel Owens (arbitre) et l’Anglais Sam Stanley. « Mes demandes trouvent le plus souvent une réponse positive dans le rugby, y compris de la part de clubs de Top 14, apprécie Kamel. C’est tout l’inverse avec le football. L’homophobie existe d’ailleurs surtout dans le monde du foot. »

Un constat partagé par les Panamboyz United, club parisien luttant contre les discriminations. « Ça reste un sport très machiste dans lequel l’homosexualité est vraiment un sujet tabou », confie Alexandre Adet (38 ans), président des Panamboyz United.

« Éduquer les générations futures est un vrai enjeu »

Contacté par l’OL et l’OM en 2016, celui-ci a tout de même pu mener une action avec SOS Homophobie en intervenant face aux U17 des deux clubs, « attentifs et réceptifs » à cette problématique. « Éduquer les générations futures est un vrai enjeu », annoncent à la fois Kamel et Alexandre Adet.

Les Panamboyz pensaient pouvoir faire bouger les choses auprès de la LFP avec leur campagne de lacets arc-en-ciel portés par les clubs de L1 et L2 durant une journée de championnat en 2015 et en 2016. « Mais si on n’avait pas accepté d’associer notre combat à la lutte contre le racisme et le sexisme, il n’aurait pas été retenu par la Ligue », constate Alexandre Adet.

Contact pour Combat Sport : combatsport01@yahoo.com et via Twitter ici.