Lyon: Un an après, la Gonette, monnaie locale, connaît des débuts encourageants

ECONOMIE Depuis un an, 2.600 utilisateurs ont adhéré à la monnaie locale et citoyenne de Lyon...

Caroline Girardon

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Depuis le 7 février 2015, on peut échanger un euro contre une gonette à Lyon.
Depuis le 7 février 2015, on peut échanger un euro contre une gonette à Lyon. — C. Girardon / 20 Minutes

C’était il y a un an : la Gonette, monnaie locale et citoyenne de Lyon, faisait son apparition sur le marché. Le bilan est « encourageant » selon l’association à l’origine de cette initiative. « Les chiffres dépassent les objectifs fixés au moment du lancement », dévoile Nicolas Briet, l’un des porte-paroles.

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80.000 gonettes ont été mises en circulation et 2.600 utilisateurs ont adhéré au système. Si une cinquantaine de commerces avaient accepté de jouer le jeu au mois de novembre dernier, ils sont aujourd’hui 196. Essentiellement des coopératives bio, des épiceries, des cafés, des restaurants et des MJC, situés majoritairement dans les 3ème, 1er et 7ème et 4ème arrondissements de Lyon.

Des producteurs encore réticents

« Les montants encaissés en gonettes dans nos magasins représentent 10 % de nos espèces », observe Cédric Bertaux, gérant de deux coopératives bio dans les quartiers de Saxe et Monplaisir.

« Beaucoup de nos clients qui les utilisent font un acte militant. Ils nous disent qu’ils ont envie de faire quelque chose pour la planète », poursuit le commerçant. Pour autant, le plus dur reste de convaincre les producteurs. « Peu acceptent encore d’être payé en gonettes ». Et la monnaie a parfois du mal à circuler en dehors des enseignes.

« Certains clients viennent échanger des euros contre des gonettes pour payer en monnaie locale dans nos magasins. On leur explique que cela n’a pas d’intérêt et qu’il vaut mieux dépenser cet argent ailleurs, dans d’autres établissements », témoigne Cédric Bertaux.

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Carole, gérante de Scarole et Marcellin, épicerie de produits locaux dans le 7ème arrondissement, a elle aussi franchi le pas. Elle deviendra d’ici quelques jours le 200e magasin partenaire.

« Il y a une très forte attente de nos clients. Quasiment chaque semaine depuis un an, on nous demande si on peut payer en gonettes chez moi. Il n’y a aucun doute sur le succès à venir même s’il nous reste encore à convaincre quelques fournisseurs », explique la jeune femme.

Début de la gestation

« Nous sommes encore au début de la gestation. Il faudra bien trois ans pour que la gonette s’ancre dans le système », estime Nicolas Briet précisant qu’il ne faut pas espérer acheter un jour son whopper avec des gonettes. « Les partenaires adhèrent à une charte qui place l’environnement, l’économie solidaire, le lien social et le commerce de proximité en tête de ses priorités », indique-t-il.

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Pour faire circuler davantage la monnaie locale, l’association envisage plutôt de lancer une application mobile afin de renseigner les utilisateurs sur les endroits où ils peuvent régler en gonette, voire de développer de la monnaie numérique. « On étudie actuellement un système pour que les gens puissent aussi payer par carte d’ici quelques années », conclut Nicolas Briet.