Cancer de la prostate: Les ultrasons thérapeutiques montrent leur efficacité

SANTE Une étude, promue par l'Association française d'urologie, montre que 89% des patients étaient toujours en vie au bout de deux ans «sans traitement radical»...

20 Minutes avec AFP
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illustration d'un bloc opératoire à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon.
illustration d'un bloc opératoire à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Entre un suivi médical anxiogène et une opération aux effets secondaires souvent lourds, une troisième voie se dessine pour certains malades du  : l’utilisation des ultrasons sur une partie seulement de la glande malade.

C’est la conclusion d’une étude, promue par l’ (AFU) et récemment publiée dans la revue de référence European Urology.

Sur un échantillon, statistiquement significatif, de 111 malades, 89 % étaient toujours en vie au bout de deux ans « sans traitement radical », ont expliqué jeudi les auteurs de l’étude lors d’une conférence de presse à , près de Lyon.

Peu d’effets secondaires

Et ceci avec peu de ces effets secondaires qui dissuadent souvent les patients, confrontés à cette maladie à évolution très lente, de se faire opérer : 97 % ne souffraient pas d’incontinence urinaire et 78 % voyaient leur fonction érectile préservée.

Le traitement consiste à concentrer via une sonde endo-rectale des ultrasons de haute intensité pour détruire, par la chaleur engendrée, les tissus cancéreux. Cette technologie n’a rien de nouveau puisqu’elle existe depuis 1993 mais, additionnée aux progrès de l’imagerie médicale, elle permet d’avoir une approche de plus en plus fine et ciblée.

Elle est destinée aux patients à faible ou moyen risque, atteint d’un cancer localisé de la prostate. Soit environ 20 % des patients normalement promis à un traitement chirurgical.

8.000 décès par an

Premier cancer de l’homme, le cancer de la prostate provoque chaque année 8.000 décès en France, selon Sébastien Crouzet, chirurgien urologue à l’hôpital Édouard-Herriot de Lyon. Sur les 58.000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année, 10 % font l’objet d’une « surveillance active », 80 % d’un traitement local et 10 % d’un « traitement radical agressif », précise-t-il.

Depuis l’an dernier et pour une période de cinq ans, le traitement focalisé par ultrasons est remboursé aux hôpitaux comme une ablation chirurgicale, ce qui devrait favoriser son adoption par les centres hospitaliers.

Eviter 46 séances d’irradation

L’auteur principal de l’étude, Pascal Rischmann (CHU de ), a de son côté fait valoir que l’adoption de cette technologie pouvait avoir des retombées positives pour le système de santé : les soins peuvent se faire en ambulatoire et une séance réussie peut permettre d’éviter 46 séances d’irradiation.