Isère: Une médecin sanctionnée pour s'être disputée avec une patiente voilée

JUSTICE La praticienne a été sanctionnée par un mois de suspension avec sursis par le conseil de l’ordre des médecins de Rhône-Alpes…

C.G.
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Illustration d'un médecin généraliste.
Illustration d'un médecin généraliste. — VALINCO/SIPA

Un mois d’interdiction d’exercer avec sursis : c’est la sanction prononcée par l’ordre des médecins de Rhône-Alpes à l’encontre d’une généraliste de l’Isère qui avait tenu des propos islamophobes à la suite d'une altercation avec une patiente voilée, a-t-on appris ce jeudi auprès de l’avocat de la victime, confirmant ainsi une information de RMC.

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« Il s’agit d’une condamnation sévère. Nous sommes satisfaits de cette décision. C’est une manière de reconnaître le statut de victime de ma cliente, ce que la justice lui avait refusé », a déclaré à 20 Minutes, Hosni Maati, avocat de la patiente.

Une ordonnance à l’origine de l’altercation

Les faits remontent à juin 2015 dans un cabinet au Pont-de-Beauvoisin, en Isère. La praticienne qui assurait ce jour-là un remplacement, s’était disputée avec la patiente souffrant d’hypertension.

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Cette dernière avait contesté le traitement prescrit, indiquant au médecin qu’elle réagissait mal au médicament indiqué. Elle lui en avait réclamé un autre sans pour autant se souvenir du nom. La généraliste avait refusé de faire une autre ordonnance et la patiente, de payer la consultation.

Propos filmés

La médecin avait alors déclaré ne plus vouloir de femmes voilées en France, estimant que le port du voile était un acte de prosélytisme. La plaignante qui avait filmé les propos avec son téléphone portable, avait déposé une plainte au parquet de Chambéry, mais l’affaire avait été classée sans suite.

Elle s’était ensuite tournée vers le conseil de l’ordre des médecins. Dans sa décision du 1er octobre, la chambre disciplinaire de première instance de l’ordre des médecins estime que la médecin « a exprimé son opinion sur le port du voile par les femmes musulmanes (…) en des termes (…) qui ont une teneur manifestement empreinte d’islamophobie ».

Le comportement de la patiente montré du doigt

« Même s’il est permis d’admettre que le comportement de sa patiente a pu en favoriser l’expression, ces excès de langage (…) constituent une faute », explique l’ordre dans sa décision consultée par l’AFP, rappelant que le code de déontologie « impose aux médecins de s’abstenir d’émettre des propos scandaleux ».