Tunnel du Chambon: Bientôt la fin de la galère entre Grenoble et Briançon

ROUTES Une déviation au tunnel du Chambon (Isère), fermé depuis avril 2015, a été percée...

E.F. avec AFP

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Le tunnel du Chambon est fermé depuis avril 2015 en raison d'un glissement de terrain menaçant la voûte de l'ouvrage.
Le tunnel du Chambon est fermé depuis avril 2015 en raison d'un glissement de terrain menaçant la voûte de l'ouvrage. — AFP

Pour gagner cet hiver les stations de ski du Briançonnais, les trajets devraient être nettement moins compliqués que l’an passé. La route Grenoble-Briançon devrait en effet retrouver une circulation quasiment normale à partir de la mi-décembre, après le percement lundi d’une dérivation au tunnel du Chambon (Isère), ont annoncé les pouvoirs publics.

Depuis avril 2015, cet ouvrage est fermé à la circulation en raison d’un glissement de terrain menaçant la voûte du tunnel. « On a creusé dans une roche dure et stable. Le tunnel du Chambon est sécurisé », s’est félicité lundi Jean-Pierre Barbier, président (LR) du conseil départemental de l’Isère.

La fermeture de la RD 1091, axe majeur de circulation entre Grenoble et Briançon passant sous le Chambon, n’est pas sans conséquence pour les riverains, dont beaucoup vivent du tourisme généré par le trafic routier. Cette route est notamment cruciale pour les stations de ski de la vallée, comme le petit village de La Grave (Hautes-Alpes).

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Une issue attendue dans la vallée

Pour garantir dans les meilleurs délais une desserte convenable sur ce secteur après la fermeture du Chambon, la solution retenue consistait à creuser une dérivation au tunnel, plus profondément dans la montagne, pour s’affranchir de la zone de glissement.

Les derniers mètres de cette dérivation de 500 mètres de long ont été percés lundi matin, en présence de nombreux ouvriers et élus de la région. Des applaudissements ont retenti dans le tunnel lors de l’apparition de la lumière du jour au bout du tunnel.

La première voiture devrait circuler « mi-décembre » dans ce tunnel qui voyait passer 2.700 véhicules par jour en moyenne avant sa fermeture.

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« Tant mieux ! On espère que ça va permettre un rebond économique », commente Frédéric Jullliard, qui tient un magasin de sports à La Grave. « Ici, tout le monde a beaucoup souffert économiquement. On a perdu 25 à 30 % de chiffre d’affaires. Si on a un bon hiver, on va peut-être sauver les meubles », ajoute-t-il.

Un chantier à 30 millions d’euros

Le tunnel doit rouvrir pour la saison d’hiver jusqu’à fin mars, avant une nouvelle période de travaux pour finaliser les installations. L’ouverture définitive est toujours fixée à décembre 2017. Actuellement, une route de secours, construite depuis novembre 2015 sur l’autre rive du lac artificiel du Chambon, permet aux riverains de rejoindre l’Isère depuis les Hautes-Alpes. Avant cela, ils devaient emprunter des navettes fluviales, contourner le lac à pied ou même le survoler en hélicoptère.

L’ensemble des travaux, d’environ 30 millions d’euros, ont été financés par le département de l’Isère, l’État et les deux régions Paca et Auvergne Rhône Alpes.