Lyon: Comment l'OL de Bruno Genesio vit la même crise qu'en 2015 avec Hubert Fournier

FOOTBALL Battus samedi par Guingamp (1-3) de manière extrêmement inquiétante, les Lyonnais n’y arrivent plus...

Jérémy Laugier

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Alexandre Lacazette et les Lyonnais n'en reviennent pas. Les revoilà en crise comme en fin d'année 2015.
Alexandre Lacazette et les Lyonnais n'en reviennent pas. Les revoilà en crise comme en fin d'année 2015. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le côté lunaire de la deuxième mi-temps d’OL-Guingamp (1-0 à la pause, 1-3 au final) samedi, nous a immédiatement renvoyés en fin d’année 2015. Tout autant à la ramasse, les Lyonnais avaient enchaîné deux fiascos à Gerland, contre Montpellier (2-4) et Angers (0-2), précipitant le licenciement d’Hubert Fournier trois semaines plus tard. Voici en huit points pourquoi la situation de crise est exactement la même (ou presque), moins d’un an après.

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Le même échec sportif. Après avoir titillé jusqu’aux ultimes journées de Ligue 1 le présumé intouchable PSG lors du titre 2015, les Lyonnais étaient complètement largués à mi-parcours la saison passée. Alors 9es à 25 points du leader parisien, ils n’étaient par contre qu’à 5 points du podium et à 6 longueurs de la deuxième place, leur objectif annoncé. Après 10 journées, l’OL comptait même 3 points de plus que cette année, où les 8 défaites en 14 matchs officiels constituent un record dans toute l’histoire du club.

Hasard (ou non) du calendrier, c’est aussi après un derby remporté (3-0 le 8 novembre) qu’avait vraiment démarré la crise de résultats. En cas de scénario contraire ce dimanche, la bande à Lacazette pourrait déjà être lâchée à 13 longueurs de Nice mais aussi à 9 du si solide tandem PSG-Monaco. Que la Ligue des champions 2016-2017 paraît loin…

La même crise de confiance. « C’est une équipe fragile mentalement. On savait qu’il fallait juste égaliser pour la sentir à nouveau fébrile. » L’entraîneur guingampais Antoine Kombouaré a parfaitement résumé l’impression que laisse cet OL actuel, capable de se décomposer après le repos, même en menant 1-0 contre des Bretons jusque-là amorphes.

« Après avoir pris ce but, on s’est liquéfiés », reconnaît le capitaine Maxime Gonalons. On repense à l’interview que nous avait accordée en mai Mapou Yanga-Mbiwa, joueur symbole de la crise de confiance de l’OL sur la fin d’année 2015.

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La même absence de prise de conscience. « On n’a pas le droit de répéter autant d’erreurs, a pesté ce samedi Maxime Gonalons. On a vu une équipe coupée en deux et Guingamp en a profité pour nous faire mal. » Son coéquipier Alexandre Lacazette est allé encore un peu plus loin dans le coup de gueule : « On rentre en deuxième mi-temps et la plupart des joueurs pensent qu’on a déjà gagné, que ça va être facile. Je pense que c’est un manque d’expérience et de sérieux ».

Un mauvais visage déjà vu à plusieurs reprises à la fin de l’ère Fournier face à de modestes adversaires comme La Gantoise, Montpellier, Angers et Ajaccio. La véritable prise de conscience n’avait eu lieu qu’après Noël, à la suite du remplacement d’Hubert Fournier par Bruno Genesio.

Le même manque de solutions du coach en poste. Depuis la reprise, Bruno Genesio a déjà utilisé 23 joueurs, plusieurs systèmes de jeu ou encore cinq positions différentes pour le seul Corentin Tolisso… Rien n’y fait, son équipe est incapable d’enchaîner les résultats, n’ayant finalement battu cette saison, hormis le derby, que 3 des 4 dernières équipes de Ligue 1, et le Dinamo Zagreb, qui ne remporte quasiment jamais un seul match sur la scène européenne.

Bruno Genesio, samedi lors de la nouvelle défaite face à Guingamp (1-3).
Bruno Genesio, samedi lors de la nouvelle défaite face à Guingamp (1-3). - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Là aussi, le constat d’un coaching résigné était le même en fin d’année 2015 avec Hubert Fournier. « Mon cas personnel n’est pas mon souci, je veux juste que l’OL avance. Là, je suis très peiné pour le club », a confié Bruno Genesio samedi, en reconnaissant être « en difficulté ».

Le même manque de réussite offensive. « Ils sont dans une spirale négative et ça ne sourit pas pour eux », a constaté à son avantage Antoine Kombouaré samedi. A l’image du nombre de poteaux touchés (23 en 6 mois lors du fameux décompte de Genesio avant Séville), ou encore d’un penalty flagrant oublié à Alexandre Lacazette face à Guingamp, l’OL n’est actuellement pas bien heureux devant.

Ajoutez à cela de véritables défaillances dans la finition, à l’image du penalty de Lacazette contre la Juve ou des trois contrôles manqués de Darder devant le but guingampais et vous comprendrez pourquoi Lyon a inscrit 13 buts de moins que Monaco cette saison en L1.

Les mêmes bourdes défensives. « Prendre un but nous fragilise », explique Bruno Genesio, qui reconnaît une deuxième mi-temps « catastrophique » de ses joueurs. Qu’il s’agisse de Mapou Yanga-Mbiwa en décembre 2015 ou du tandem Nkoulou-Diakhaby samedi, l’impression visuelle est étrangement la même.

On dirait que l’adversaire a de bonnes chances de marquer à chaque fois qu’il passe la ligne médiane. Pour ne rien arranger, Samuel Umtiti fait désormais les beaux jours du Barça et Anthony Lopes traverse une période délicate. Quant à Emmanuel Mammana, il n’a jamais déçu mais n’est pas encore perçu par Genesio comme incontournable dans cet inquiétant chantier.

La même communication d’Aulas. Il est rarissime d’entendre JMA tailler publiquement l’un de ses entraîneurs tant qu’il est en poste. Jusqu’à son licenciement à Noël dernier, Hubert Fournier avait ainsi été le plus souvent défendu par son ancien président. Cela a encore davantage été le cas samedi concernant Bruno Genesio, sans doute en raison de son grand historique à l’OL.

« L’an passé, nous avions des joueurs qui doutaient de leur entraîneur, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, a assuré Aulas. Je prône une union et une solidarité par rapport à l’institution. »

La même rupture avec les supporters. L’ambiance des derniers matchs d’Hubert Fournier à Gerland avait été pesante, entre sifflets et nostalgie des années 2000. La deuxième mi-temps contre Guingamp était dans cette lignée, avec une banderole « Une réaction, et vite ! » brandie à plusieurs moments par le virage nord.

Les supporters du virage nord réclament une réaction rapide à leurs joueurs.
Les supporters du virage nord réclament une réaction rapide à leurs joueurs. - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Sur Twitter, le #GenesioDemission a fait son apparition en « Trending Topic » (TT) samedi, preuve que les anti-Genesio sont de plus en plus nombreux. Dans la morosité ambiante (moins de 40.000 spectateurs face à Guingamp), le virage nord s’est fendu d’une grecque et a chanté « Mouille le maillot ». Plusieurs centaines de supporters du virage sud ont de leur côté quitté le Parc OL avant la fin du match. Seront-ils présents le 5 novembre face à Bastia ? Les prochains rendez-vous à Toulouse et à Turin devraient en dire plus sur l’ampleur de cette nouvelle crise lyonnaise.