Le beaujolais n'a pas carte blanche

F. C. - ©2007 20 minutes

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Le beaujolais nouveau blanc... n'est pas arrivé. Confrontés à une érosion des ventes dans un climat de crise, des viticulteurs avaient suggéré en 2005 l'idée de développer la gamme du primeur le plus vendu au monde en rosé et en blanc. Ce soir, à partir de minuit, il y aura dans les bars à vins beaucoup de beaujolais nouveau rouge, et pour la première fois un peu de rosé primeur. Mais pas de blanc. « Le rosé a été facile à mettre en place car sur un plan administratif, il est considéré comme du rouge. Pour le blanc, c'est plus compliqué, il faut une dérogation », indique Guislain de Longevialle, président de l'Interprofession, rappelant que le marché du primeur est extrêmement réglementé.

L'an dernier, les premières palettes de rosé nouveau avaient été livrées au Japon, premier pays importateur et demandeur de nouveautés. Et environ 3 000 bouteilles avaient été testées sur le marché français. Cette année, il y aura 400 000 bouteilles de rosé (1 % de la production primeur), vin fabriqué avec le même raisin que le rouge, du gamay noir à jus blanc, cépage dominant du beaujolais. Le blanc, lui, est élaboré avec du chardonnay. « L'organisme de défense des beaujolais blancs n'a pas donné son accord pour un primeur cette année. Peut-être parce que leur commercialisation va bien », suggère un vigneron, partisan du blanc primeur. « Et le potentiel de production du chardonnay est limité », relève Denis Chilliet, le président de l'appellation beaujolais. Les blancs représentent en effet à peine 2 % de la production totale du vignoble. Pas de quoi abreuver la planète comme les beaujolais nouveaux rouges et leurs 50 millions de bouteilles.