ASSE: Comment Kévin Malcuit est devenu latéral «sur un coup de tête bizarre» d'un entraîneur

FOOTBALL Auteur d’un prometteur début de saison, le latéral stéphanois Kévin Malcuit a confié à « 20 Minutes » les moments plus compliqués de sa carrière, et notamment sa fin de contrat à Monaco, où il était avant-centre…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Kévin Malcuit (à droite) est ici au duel avec le Lyonnais Rachid Ghezzal lors du dernier derby perdu par les Verts au Parc OL.
Kévin Malcuit (à droite) est ici au duel avec le Lyonnais Rachid Ghezzal lors du dernier derby perdu par les Verts au Parc OL. — Laurent Cipriani/AP/SIPA

Après avoir pris son mal en patience la saison passée (seulement 9 matchs disputés en L1), Kévin Malcuit est la révélation stéphanoise depuis la reprise. Avant la réception de Dijon dimanche (17 heures), le latéral droit de 25 ans s’est confié à 20 Minutes sur son adaptation aux côtés de Christophe Galtier et sur sa première vie professionnelle… d’avant-centre à l’AS Monaco.

Pensiez-vous que vous auriez si peu votre chance pour votre première saison à l’ASSE ?

Disons que je suis arrivé un peu blessé dans un nouveau groupe. Il fallait que je prenne mes repères. C’était plus une année d’apprentissage pour moi. J’avais beaucoup de lacunes au niveau de la tactique et de la concentration. En Ligue 2 (à Niort de 2014 à 2015), ça passait, mais pas en Ligue 1. Le National et la L2 sont beaucoup basés sur le physique. En L1, le mental est très important.

Les lacunes que vous évoquez expliquent que vous n’ayez pas pu percer à l’AS Monaco, où vous avez fini votre formation (de 2008 à 2012, 7 matchs avec l’équipe première) ?

Non, car à Monaco, j’étais avant-centre. J’avais signé un contrat pro de trois ans (en 2011) et ça a basculé quand les Russes sont arrivés. Il y avait un nouveau projet et avant même qu’ils ne me voient, je n’étais pas dans leurs plans. Il a fallu recommencer à zéro et j’ai eu du mal à digérer ça. Passer de pro à fédéral m’a mis un coup au moral.

En 2011 à l'ASM, Kévin Malcuit était bien plus sobre au niveau capillaire.
En 2011 à l'ASM, Kévin Malcuit était bien plus sobre au niveau capillaire. - KARINE VILLALONGA/SIPA

Comment vous êtes-vous retrouvé à ce poste si différent ?

Je suis passé latéral à Fréjus (National, de 2012 à 2014) sur un coup de tête du coach, Michel Estevan. A l’entraînement, il a vu que je courais vite et il a voulu m’essayer là. Je trouvais ça bizarre de jouer derrière mais c’est devenu mon poste.

Estimez-vous avoir commis des erreurs majeures la saison passée ?

Oui, surtout en prenant des cartons bêtes (deux expulsions à Monaco et à Nice). Je jouais peu donc je voulais tellement me montrer et faire de bonnes choses… Je manquais d’expérience et je me suis fait avoir par les adversaires. En me mettant tout seul une pression, j’ai pénalisé le groupe.

Le 13 décembre 2015, Kévin Malcuit a été expulsé pour son retour au Stade Louis II.
Le 13 décembre 2015, Kévin Malcuit a été expulsé pour son retour au Stade Louis II. - VALERY HACHE / AFP

Vous vous êtes pourtant distingué lors de deux titularisations face au PSG, dans une défense à cinq…

Le coach (Christophe Galtier) ne m’en a jamais parlé mais j’avais la sensation qu’il ne me voyait que dans une défense à cinq. C’était à moi de lui prouver le contraire. Je ne pouvais pas compter que sur un seul schéma pour jouer. J’ai beaucoup travaillé dans les séances vidéo et maintenant, le coach sait qu’il peut m’installer dans une défense à quatre ou à cinq.

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Avez-vous toujours observé les latéraux à la télévision ?

Non, plus jeune, mes modèles n’étaient que des attaquants, entre Shevchenko, Ronaldo ou Van Nistelrooy. Mais maintenant, je suis surtout attentif aux latéraux. Je progresse en regardant des joueurs incroyables comme Daniel Alves, Philip Lahm et Marcelo, notamment dans leur placement. Ça fait partie de mon travail que d’analyser ça.

Sincèrement, avez-vous envisagé partir dès cet été ?

Non, je suis un battant. Je ne lâche rien. J’ai envie de réussir ici et je m’en donnerai tous les moyens. Je n’ai jamais eu de problème avec le coach. Peut-être voulait-il que je m’adapte doucement au groupe et à la Ligue 1. Même si ça m’a énervé, je me dis avec du recul que ça m’a aidé. Cette année, je me sens plus à l’aise.

Vous considérez-vous comme le joueur le plus rapide de L1 ?

Vous me posez une colle là (sourire) ! Certains vont vite comme le Rennais Pedro Henrique. Si je pousse le ballon, il faut être prêt à me rattraper… Mais le coach me dit de ne pas trop abuser de ma vitesse.

Car celle-ci n’a pas toujours pu vous sauver défensivement ?

C’est ça. Au début, je me disais que je pourrais compenser tous les coups grâce à ma vitesse, comme en Ligue 2 et en National où je n’étais pas net sur mon positionnement. Mais à ce niveau, j’ai pu me faire avoir. J’ai compris qu’être bien placé permettait de récupérer davantage sur le terrain. La saison passée, je faisais tout à 2.000 à l’heure. J’étais un foufou toujours au taquet. Et puis après 30 minutes dans un match, j’étais parfois « carbo ».

En tout cas, ça ne se voit jamais dans les sommets face au PSG…

Les matchs contre Paris, c’est spécial, je me sens infatigable (sourire) !

Face au PSG de Zlatan Ibrahimovic, Kévin Malcuit a toujours répondu présent la saison passée.
Face au PSG de Zlatan Ibrahimovic, Kévin Malcuit a toujours répondu présent la saison passée. - JEFF PACHOUD / AFP