Grenoble: L'adolescent s'était suicidé, la justice demande que le père et sa compagne soient relaxés

PROCES Le garçon avait absorbé les médicaments de sa belle mère en grande quantité...

C.G. avec AFP

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Grenoble, le 2 novembre 2015
Illustration du Palais de justice / cour d'assises de Grenoble
Grenoble, le 2 novembre 2015 Illustration du Palais de justice / cour d'assises de Grenoble —

La relaxe requise une seconde fois. L’avocat général de la cour d’appel de Grenoble a demandé mardi soir qu’aucune condamnation ne soit prononcée à l’encontre de Laurent et Karine, couple poursuivi pour « non-assistance à personne en danger », après le décès de Julien, 15 ans, le fils de l’accusé.

Le 28 novembre 2013, l’adolescent est pris de vomissements, maux de ventre et diarrhées. Au vu des symptômes, sa belle-mère, infirmière, pense à une gastro-entérite, ne se doutant pas que le garçon, voulant en finir avec la vie, avait absorbé la veille ses médicaments.

Le père, résidant à Saint-Quentin-Fallavier, ne s’inquiète pas non plus. Ce que lui reproche aujourd’hui son ancienne compagne, la mère de Julien, et son grand-père, domicilié dans la Loire. Depuis trois ans, tous deux se battent pour comprendre pourquoi le père de l’adolescent et sa concubine n’ont pas prévenu les secours plus tôt. Notamment après la découverte, le jour du drame, de boîtes de cachets vides dans la pharmacie de la maison.

« Au regard du principe de précaution, on aurait dû l’emmener à l’hôpital »

« Je considère que dans ce dossier, vous n’avez pas de certitudes, ni de faisceaux de preuves qui puissent aboutir à une condamnation », a déclaré dans son réquisitoire Gilles Delorme, « même si, au regard du principe de précaution, on aurait dû l’emmener à l’hôpital ».

Mais pour l’avocat général, le non-respect du principe de précaution ne peut être assimilable à la non-assistance à personne en danger « car dans ce cas, a-t-il dit, le péril imminent n’était pas évident ».

« Karine G. avait conscience qu’il avait pu prendre ces médicaments. Elle savait que cet enfant était potentiellement bourré d’opium. Pourquoi n’agit-elle pas ? C’est la définition même de non-assistance à personne en danger », a plaidé pour sa part Elsa Ghanassia, l’avocate de la partie civile, pointant « une erreur d’appréciation grave ».

Un ado tourmenté

« Dans la mesure où Julien niait avoir pris ces médicaments, et où mon mari me disait qu’il n’était pas capable de se suicider, on n’a pas jugé urgent d’appeler un médecin. D’ailleurs, son état n’a pas empiré avant la fin de journée », a expliqué l’accusée à la barre.

La cour a évoqué à l’audience les « difficultés » scolaires de l’adolescent, ses « mauvaises fréquentations », ses vols et sa « prise de cannabis », notamment au cours des semaines précédant le drame. Julien vivait également une rupture sentimentale et souffrait de cette séparation.

La cour a mis sa décision en délibéré au 6 décembre prochain. En septembre 2014, le couple avait déjà été relaxé par le tribunal correctionnel de Vienne, en Isère.