OL: En vrai, Emanuel Mammana marche déjà sur les traces d'Edmilson, non?

FOOTBALL Le défenseur argentin de 20 ans a séduit durant ses trois premières titularisations à Lyon, dans un style proche de celui d’Edmilson, grande figure brésilienne de l’OL des années 2000…

Jérémy Laugier

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Emanuel Mammana s'est montré à la hauteur du derby, dimanche face à l'ASSE de Kévin Monnet-Paquet.PHILIPPE DESMAZES
Emanuel Mammana s'est montré à la hauteur du derby, dimanche face à l'ASSE de Kévin Monnet-Paquet.PHILIPPE DESMAZES — AFP

Depuis l’été 2000, 16 défenseurs centraux ont été recrutés par l’OL. A l’image de Cleber Anderson, John Mensah, Pape Diakhaté, Bakary Koné et Lindsay Rose, les erreurs de casting n’ont pas manqué. Titulaire lors des trois dernières journées de Ligue 1, l’Argentin Emanuel Mammana (20 ans) a par contre réussi ses débuts comme peu avant lui.

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Il faut carrément remonter au début des années 2000 et à un trio de Brésiliens, Cris (2004-2012), Claudio Caçapa (actuel entraîneur des défenseurs de l’OL, 2001-2007) et surtout Edmilson (2000-2004) pour trouver trace de premiers matchs aussi emballants. « Mammana montre qu’il est très à l’aise, approuve l’ancien gardien lyonnais Nicolas Puydebois. Même s’il est encore perfectible au niveau de son placement, il apporte déjà quelque chose à cette défense. Il me fait un peu penser à Edmilson dans la classe qu’il dégage. »

Les transversales… en coups du foulard d’Edmilson !

Il est évidemment bien trop tôt pour affirmer que le jeune Argentin effectuera une carrière internationale comparable à celle du Brésilien (40 sélections) passé ensuite par le Barça et Villarreal. Mais comme lui, il semble prêt à croquer dans sa première aventure loin de l’Amérique du Sud. Les facilités de Mammana dans la lecture de jeu, tout comme ses relances et ses transversales, ont marqué le derby dimanche, et ce une semaine après un audacieux dribble face à Lorient.

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« Je l’ai trouvé relativement serein », confirme Sidney Govou, tout en remarquant qu’il « aime davantage tacler qu’Edmilson », son ancien partenaire à Lyon de 2000 à 2004. L’ancien attaquant des Bleus n’a vraiment pas oublié les premiers pas de ce phénomène débarqué en Ligue 1 à 24 ans, en provenance de São Paulo. « On a tout de suite senti que le gars était au-dessus, sourit Govou. Peu de joueurs en Europe sont capables de faire des transversales… en coups du foulard ! Entre tous ses gestes techniques et ses prises de risque, son jeu était à l’opposé de ce qu’on demande à un défenseur central. »

« Il est plus difficile de s’intégrer à Lyon maintenant que dans les années 2000 »

Si Mammana s’est révélé contre l’ASSE pour son troisième match professionnel en France, après deux apparitions en CFA, Edmilson a encore mis moins de temps pour passer au révélateur du derby, le 6 septembre 2000 (2-2 à Geoffroy-Guichard). « Il venait de signer quelques jours plus tôt à Lyon et je l’avais trouvé monstrueux dans le Chaudron, se souvient l’ex-milieu de terrain de l’OL David Linarès. Par la suite, sa culture du jeu nous a parfois porté préjudice. Il nous faisait peur mais il s’en sortait souvent. »

Emanuel Mammana n’a pas encore joué avec les nerfs du Parc OL par excès de facilité, même s’il s’est retrouvé impliqué sur l’ouverture du score montpelliéraine pour ses débuts (5-1). « Il a du mérite car au vu de son jeune âge et des résultats assez irréguliers, il est plus difficile de s’intégrer à Lyon maintenant que dans les années 2000 », estime Nicolas Puydebois. Face au Niçois Mario Balotelli puis surtout contre la Juventus de ses compatriotes Higuain et Dybala, Mammana ne va pas forcément être tenté de prendre la suite des facéties d’Edmilson.