Trois sœurs fauchées sur l'A7: La justice confirme le non-lieu

JUSTICE Les parents des victimes avaient demandé que l’enquête reprenne, estimant notamment que les gendarmes et les personnels de l’autoroute n’avaient pas été assez réactifs…

C.G. avec AFP

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Les trois soeurs de Marseille, dont deux mineures, écrasées mi-mars sur l'autoroute A7 étaient entrées à pied à un péage, ont révélé des images de vidéosurveillance, a annoncé jeudi à l'AFP le parquet de Valence.
Les trois soeurs de Marseille, dont deux mineures, écrasées mi-mars sur l'autoroute A7 étaient entrées à pied à un péage, ont révélé des images de vidéosurveillance, a annoncé jeudi à l'AFP le parquet de Valence. — Philippe Desmazes afp.com

L’affaire s’est soldée par un non-lieu. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Grenoble a définitivement refermé mardi l’enquête sur la mort de trois sœurs. Agées de 12, 13 et 19 ans au moment des faits, elles avaient été percutées par plusieurs voitures sur l’autoroute A7 le 16 mars 2012, près de Montélimar dans  la Drôme.

Issue d’une fratrie de 18 enfants, les trois filles appartenant à la communauté des gens du voyage, voulaient s’offrir une petite virée sur Lyon. Délaissant Marseille le temps d’un week-end, Victorine, Angèle et Carmen étaient montées dans un train pour rejoindre la capitale des Gaules, sans acheter des billets.

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Le contrôleur leur avait alors demandé de descendre à Pierrelatte, dans la Drôme. Décidées à poursuivre leur périple, les jeunes filles s’étaient ensuite dirigées vers l’autoroute A7 où de nombreux automobilistes les avaient vues en train de marcher sur la bande d’arrêt d’urgence ou au milieu du terre-plein central.

Un patrouilleur les prévient… elles s’enfuient

Un patrouilleur des Autoroutes du Sud de la France avait tenté de les mettre en sécurité, mais le trio avait fui à l’annonce d’une alerte donnée aux gendarmes.

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Vers minuit, les trois sœurs avaient été fauchées successivement par plusieurs voitures alors qu’elles tentaient de traverser les voies de circulation. Leurs « corps étaient méconnaissables », selon les pompiers appelés sur place.

Les parents des victimes avaient ensuite porté plainte pour « délaissement d’une personne incapable de se protéger » et « non assistance à personne en danger », estimant que le personnel des autoroutes et les gendarmes n’étaient pas intervenus assez rapidement. Et que les agents SNCF auraient dû les laisser à bord du train.

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Le juge d’instruction de Valence, chargé de l’enquête, avait pourtant rendu un non-lieu au mois de janvier, s’appuyant sur le fait qu’aucune infraction pénale n’était constituée. Décision pour laquelle les parents avaient fait appel, réclamant la reprise des investigations.

Vers un pourvoi en cassation

Selon l’enquête, la décision des deux contrôleurs du TER apparaît conforme à la réglementation. Les agents SNCF doivent maintenir dans le train un mineur dépourvu de billet, mais les trois sœurs avaient fourni une date de naissance établissant leur majorité.

Sabrina Hachouf, avocate de la mère des trois victimes, a déjà fait part de son intention de se pourvoir en cassation.