Exit la chimie, une amibe naturelle est désormais capable de tuer les bactéries dans l'eau

INNOVATION Le procédé « 100 % made in France » a été mis au point par la société Amoéba qui entend révolutionner le marché mondial du traitement chimique de l’eau…

Caroline Girardon

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La société Amoéba à Chassieu, dans le Rhône, va commercialiser un biocide biologique, désinfectant naturel capable de tuer les bactéries présentes dans l'eau comme la légionelle.
La société Amoéba à Chassieu, dans le Rhône, va commercialiser un biocide biologique, désinfectant naturel capable de tuer les bactéries présentes dans l'eau comme la légionelle. — C. Girardon / 20 Minutes

Une découverte qui pourrait s’avérer capitale dans les années à venir. La société Amoéba a inauguré mardi son premier site industriel à Chassieu dans le Rhône. Une usine dans laquelle sont fabriqués des biocides biologiques, autrement dit des prédateurs naturels de bactéries.

Ce procédé entend révolutionner le marché du traitement de l’eau et de l’environnement. « Il existe aujourd’hui trois façons de purifier l’eau. Toutes sont d’ordre chimique », observe Fabrice Plasson, le président d’Amoéba.

Finis le chlore et le brome

« On utilise beaucoup le chlore ou le brome. Mais ces méthodes sont de plus en plus décriées car on s’aperçoit qu’elles n’ont aucun effet sur la biofilm, une matrice naturelle toujours présente dans l’eau, qui renferme les bactéries, poursuit le directeur. Les industriels sont tentés d’augmenter les doses de produits pour en venir à bout. Ce qui entraîne des effets indésirables comme la corrosion. Et cela devient dangereux pour l’homme et pour l’environnement ».

Amoéba a donc mis au point un agent désinfectant naturel : une amibe non génétiquement modifiée qui grignote les bactéries les plus tenaces comme la légionelle ou les chlamydias. L’avantage, c’est qu’on peut aussi la manipuler sans aucune protection. Pas besoin de masques respiratoires ou de scaphandre puisqu’elle ne présente aucun danger.

L’entreprise qui commercialisera ses produits 100 % made in France début 2017 après six ans de recherche, ambitionne de s’implanter durablement sur marché mondial du traitement chimique de l’eau. Un marché qui pèse 21 milliards d’euros. Pour l’instant, elle se concentre dans un premier temps sur le secteur des tours aéro-réfrigérantes évalué à 1,7 milliard d’euros.

Des accords ont déjà été signés en France, au Brésil, au Canada, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Italie. « Les retours sur intérêt sont au-delà de nos attentes. On risque de devoir sélectionner nos clients sinon on va manquer de produits. Aujourd’hui, nous sommes en capacité de livrer 200 m3 de produits par an, soit 16 % des besoins du marché européen des tours aéro-réfrigérantes », dévoile Fabrice Plasson.

Le marché de l’eau potable en ligne de mire

Qu’importe. Le fondateur de l’entreprise voit déjà plus loin. Second objectif : faire sa place sur le marché des eaux sanitaires cette fois (piscines, douches dans les hôtels ou les campings) et celui de l’eau potable. Deux secteurs qui pèsent près de 16 milliards d’euros…