OL-ASSE: Avant ses boulettes et Polomat, comment était Corentin Tolisso dans le derby?

FOOTBALL Corentin Tolisso, qui sera le capitaine lyonnais dimanche (20h45), est parfois passé à côté du derby. Ses ex-partenaires du centre de formation se confient sur ses précédents affrontements face à l’ASSE…

Jérémy Laugier

— 

Ici à la lutte avec Kevin Théophile-Catherine, Corentin Tolisso avait été fautif sur le but de Söderlund lors du dernier derby en janvier (1-0).
Ici à la lutte avec Kevin Théophile-Catherine, Corentin Tolisso avait été fautif sur le but de Söderlund lors du dernier derby en janvier (1-0). — JEFF PACHOUD / AFP

Corentin Tolisso a beau être le grand bonhomme du début de saison de l’OL, il suscite toujours plus de chambrage que de méfiance du côté des supporters stéphanois. Et pour cause, celui qui sera encore capitaine dimanche (20h45) en raison de la suspension de Maxime Gonalons a été le héros malheureux de deux des quatre derniers derbies.

Sa première mésaventure face à l’ASSE a eu lieu lors du naufrage (3-0) dans le Chaudron en novembre 2014. A 2-0, le milieu lyonnais manque totalement une relance anodine. Renaud Cohade en profite (68e) et Tolisso rejoint le banc de touche en larmes quelques minutes plus tard. Un autre ballon perdu à Geoffroy-Guichard, en janvier dernier, est plus lourd de conséquences puisqu’il offre à l’ASSE et à Söderlund une victoire (1-0) inespérée.

>> A lire aussi: Pourquoi Corentin Tolisso est notre MVP du début de saison en France

Une « roulette à la Ribéry » face à l’ASSE de Kurt Zouma en U14

Comme Corentin Tolisso n’est vraiment pas coutumier de pareilles boulettes depuis ses débuts professionnels en 2014, 20 Minutes a cherché à savoir comment l’international espoir abordait le derby dans les catégories jeunes. « Coco avait rarement la pression et il savait gérer ces rendez-vous-là », assure Sylvère Paillot, l’un de ses anciens partenaires de la génération 1994. « Je ne l’ai jamais senti inhibé par quoi que ce soit. Comme tout vrai Lyonnais, le derby est inscrit dans son ADN mais je ne crois pas qu’il s’en fasse une montagne », poursuit son ex-coach en U13 Cyrille Dolce.

Parmi ses moments forts de derby, les anciens Lyonnais ayant le plus de mémoire s’accordent à citer le tournoi de Neuville (Rhône) en 14 ans fédéraux. « C’était chaud car on n’avait pas encore battu Sainté de la saison (1 nul et 1 défaite), explique le milieu offensif Yoann Nanou, désormais à Ain Sud. Kurt Zouma venait de rejoindre les Verts. A 0-0, Coco a fait une passe décisive après avoir réussi le même dribble que Ribéry, une roulette dos au but qu’on ne tentait que dans la cour de l’internat (1-0). »

« Des accolades entre potes » avant le derby chez les jeunes

De l’avis de tous, le milieu de 22 ans a « toujours été régulier » en jeunes, même dans ces matchs si particuliers contre le voisin stéphanois. « Corentin n’a jamais eu de problème avec l’atmosphère du derby, confirme un autre ex-partenaire, Grégoire Viricel. Même en pros, c’est selon moi un concours de circonstance si ces deux erreurs ont eu lieu face à Saint-Etienne. » Si le comportement de Tolisso a aussi été décrié par les joueurs de l’ASSE lors du derby aller la saison passée (3-0), Grégoire Viricel assure qu’il n’y avait « jamais trop d’électricité » dans ces matchs-là en jeunes.

>> A lire aussi : «C’était lunaire cette intrusion de Jourdren», raconte Greg Paisley, l'auteur de l'interview de Tolisso lors de OL-Montpellier

« Nous nous retrouvions souvent dans les regroupements du district. On était potes et on se faisait des accolades avant le match », explique même ce dernier, qui cherche actuellement un club. Il y a tout de même eu une belle exception, comme se rappelle son ami Yoann Nanou. « En U17, nous avons peut-être vécu le meilleur derby de notre vie à la Plaine des jeux [de Gerland]. Coco a inscrit ce jour-là son seul but face à l’ASSE sur penalty et il a aussi fait une passe décisive. On gagne 2-1 avec un péno arrêté par notre goal et l’arbitre qui met des cartons à tout le monde. C’était le feu ! »

« Polomat a juste voulu se faire un buzz devant les caméras »

Des matchs dans lesquels Tolisso montre à chaque fois de la personnalité. « Il n’était pas capitaine mais il avait toujours les mots pour motiver l’équipe, surtout avant un derby. Il ne donnait pas des conseils bidons », sourit Sylvère Paillot.

Qui dit Tolisso et derby dit aussi instantanément épisode Polomat dans l’esprit du grand public. Devant des caméras de Canal +, le latéral gauche stéphanois balance l’an passé une punchline immédiatement culte dans le couloir menant au vestiaire : « La vie de ma mère, je sais où il habite Tolisso. Sa meuf lui mettait des claques au lycée et il fait le fou. » « On ne le connaît même pas ce gars, Coco ne l’avait jamais affronté », assure Yoann Nanou.

« Coco est plutôt calme, il n’est pas du genre à se chauffer pour rien, commente à ce sujet Sylvère Paillot. Je pense que Polomat a juste voulu se faire un buzz devant les caméras. » Côté stéphanois, l’ancien joueur du centre de formation de l’ASSE Florian Thalamy garde de Tolisso l’image « d’un milieu avec déjà beaucoup de ballon et plutôt posé, même dans le derby ». L’actuel défenseur d’Andrézieux (CFA) n’a pas non plus oublié son ancien coéquipier en U19 à l’ASSE Pierre-Yves Polomat, « un joueur au sang chaud ». Il ne devrait pas y avoir (pour l’instant) de nouvelle passe d’armes au Parc OL, Polomat faisant partie de l’interminable liste de blessés à Saint-Etienne. Mais même sans lui, Corentin Tolisso sait qu’il a une revanche à prendre dans le derby.

>> A lire aussi: Galtier veut nous faire croire qu’il enverra son centre de formation dans le derby