Lyon: Le département, à l'origine du Musée des Confluences, quitte le navire

CULTURE Le département du Rhône participe à hauteur de 10 % au budget de fonctionnement du «Nuage de Cristal»…

Elisa Frisullo

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Le Musée des confluences.
Le Musée des confluences. — SIPA

La direction de l’établissement culturel a appris la nouvelle il y a une dizaine de jours par lettre recommandée. Après avoir investi 306 millions d’euros pour ériger, à Lyon, le musée des Confluences, le département a décidé de quitter le navire dès janvier 2017. Christophe Guilloteau, le président (LR) du «Nouveau Rhône », né lors de la création de la Métropole de Lyon, a justifié cette décision « par la nécessité de redéployer sur son territoire l’argent économisé sur la métropole ».

En 2015, suite à la répartition de compétences entre le département et la métropole, cette dernière a hérité du Musée des Confluences, un établissement fonctionnant avec un budget propre mais bénéficiant de dotations publiques. L’an passé, sur les 14 millions de subventions accordées au Nuage de Cristal, 90 % ont été attribués par la Métropole et un peu moins de 10 % par le département. « Le Nouveau Rhône, d’où vient près d’un tiers de nos visiteurs, a participé à hauteur d’1.2 millions d’euros », a précisé ce mardi une porte-parole du musée, qui a enregistré en 2015, 4 millions de recettes propres, grâce à la billetterie essentiellement.

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L’argent redéployé vers d’autres structures culturelles

« Nous avons sur notre territoire le musée de Saint-Romain-en-Gal que nous souhaitons faire monter en puissance. En sortant du musée des Confluences, nous allons aussi procéder au redéploiement culturel sur le Nouveau Rhône, en soutenant des théâtres, des troupes, divers établissements qui étaient oubliés jusqu’alors », confie à 20 Minutes Christophe Guilloteau, confirmant une information du Progrès.

Autre conséquence de la naissance du Nouveau Rhône et de la métropole, le département va devoir investir dans les prochaines années près de 7 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle bibliothèque départementale. « Nous allons devoir quitter celle de Bron et en construire une dans l’Ouest Lyonnais », ajoute le président LR.

Un modèle économique fragilisé ?

Au musée des Confluences, le plus fréquenté de France (hors Paris) l’an passé et premier site touristique payant d’Auvergne Rhône-Alpes devant l’Aiguille du Midi (Haute-Savoie), le retrait annoncé du département pose question pour l’avenir. « C’est sûr que c’est préoccupant, notre modèle économique sera fragilisé. Car nous avions trouvé un système vertueux. Si nous disposions de moins de dotations publiques, notre capacité d’autofinancement ne serait pas suffisante. Nous devrions réduire nos expositions, la fréquentation diminuerait. Au final, nous aurons besoin de davantage d’aides publiques », explique-t-on au Musée des Confluences.

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La Métropole, contactée ce mardi, n’a pas souhaité s’exprimer sur le fond du dossier. « Nous sommes en discussion avec le département », indique-t-on dans l’entourage du président PS Gérard Collomb.

Dès son ouverture en décembre 2014, le musée des Confluences a très vite trouvé son public. Il a accueilli en 2015 880.000 visiteurs et avait dépassé, fin août, les 500.000 visiteurs.