Violences à Moirans: A l'heure du procès, retour sur des émeutes violentes et polémiques

JUSTICE Douze personnes comparaissent dès ce lundi à Grenoble suite à ces violences qui avaient fait grand bruit en octobre 2015...

Elisa Frisullo

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Cinq voitures ont été transportées et brûlées sur les voies ferrées de la gare de Moirans.
Cinq voitures ont été transportées et brûlées sur les voies ferrées de la gare de Moirans. — Philippe Desmazes / AFP

Le 20 octobre 2015, Moirans, peu habituée à faire parler d’elle, faisait la Une de l’actualité. En quelques heures, cette commune de l'Isère devenait la cible d’importantes émeutes sur lesquelles la justice va se replonger, à compter de ce lundi, à Grenoble. 20 Minutes vous rappelle le déroulement de ces violences qui avaient fait grand bruit et créé la polémique à quelques mois des élections régionales.

  • Le déroulé des faits

Les violences éclatent brutalement le 20 octobre 2015 à Moirans, une commune de 8.000 habitants de la banlieue grenobloise. Entre 50 et 100 personnes issues de la communauté des gens du voyage érigent une barricade, sur une route départementale, près de leur camp de vie. Ces derniers protestent contre le refus d’un juge d’autoriser la sortie d’un détenu de 24 ans, Mike Vinterstein, pour qu’il assiste aux funérailles de son frère de 17 ans, mort quelques jours plus tôt au volant d’une voiture volée, au cours d’un cambriolage. S’en suivent alors des heures d’émeutes.

De nombreuses voitures sont brûlées, la gare saccagée et la circulation ferroviaire bloquée en raison de véhicules incendiés sur les voies. Au total, 120 trains seront empêchés de circuler, entraînant un préjudice pour la SNCF évalué à plusieurs centaines de milliers d’euros. Les violences ne font en revanche aucun blessé.

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  • Une affaire polémique

Malgré le renfort de dizaines de policiers et de gendarmes, plusieurs heures seront nécessaires pour ramener le calme à Moirans. A quelques mois des élections régionales, cette affaire prend une tournure polémique dès le lendemain des faits, au sein de l’assemblée nationale. Des élus de l’opposition voient alors dans ces violences un symptôme de la « faiblesse », voire de la « décomposition » de l’Etat.

Des attaques auxquelles le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et le Premier Ministre Manuel Vals répondent en promettant « la plus grande fermeté » à l’encontre des émeutiers. «Ils doivent s’attendre, ceux qui ont agi hier, à être implacablement recherchés et poursuivis en justice», assure alors Manuel Vals.

Par la suite, des mois d’enquête sont nécessaires pour procéder à l’interpellation des émeutiers présumés, identifiés grâce à des photos, des vidéos, des traces ADN et des témoignages.

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  • Les enjeux du procès

A partir de ce lundi et pendant quinze jours, douze personnes, neuf hommes et trois femmes âgés de 18 ans à 58 ans, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Grenoble. Adèle Vinterstein, la mère du garçon décédé lors du cambriolage et du détenu, fait partie des prévenus soupçonnés d’avoir participé aux violences. Tout l’enjeu de ce procès sera de déterminer les responsabilités de chacun dans ces heures de chaos. La plupart nie avoir participé et admette seulement avoir été sur place en tant que spectateurs.