Corbas: Une détenue fichée «S» en liberté à cause d'un retard de courrier?

TERRORISME La jeune femme est soupçonnée d’avoir aidé ses frères dans la préparation d’un attentat fin 2014…

E.F.

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La jeune femme est incarcérée à Corbas depuis fin 2014. Illustration.
La jeune femme est incarcérée à Corbas depuis fin 2014. Illustration. — SIPA

Elle pourrait sortir dans les prochaines heures après deux ans de détention. Ce lundi, Farida Bekhaled, djihadiste présumée de 35 ans incarcérée à la prison de Corbas depuis septembre 2014, pourrait retrouver la liberté suite à une erreur de procédure des juges antiterroristes de Paris. A cause d’un retard de courrier, la jeune femme a obtenu récemment sa remise en liberté, décision contre laquelle le parquet a fait appel.

Ce sera donc à la Cour d’appel de Paris de trancher ce lundi après-midi au cours d’une audience en vidéoconférence organisée entre la capitale et la maison d’arrêt. Ce couac administratif n’est pas sans conséquence puisque Farida Bekhaled est soupçonnée d’avoir aidé ses frères dans la plus grosse affaire antiterroriste de la région lyonnaise.

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Un attentat en préparation ?

En septembre 2014, soit quelques mois avant l’attaque terroriste perpétrée chez Charlie Hebdo, ces deux hommes, connus pour leur appartenance à Forzane Alizza, un groupuscule islamiste dissous il y a quelques années, avaient été interpellés à Meyzieu avec un attirail inquiétant. Des armes, des gyrophares, des brouilleurs d’ondes avaient notamment été retrouvés lors des perquisitions.

Les deux frères avaient alors prétexté préparer à un gros braquage, mais des conversations téléphoniques captées par les services de renseignement avaient donné une tout autre ampleur à ce dossier, relate ce lundi Le Progrès.

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Un troisième frère en Syrie

La famille, surnommée par les policiers le « groupe de Meyzieu », est soupçonnée d’avoir préparé un attentat visant la région lyonnaise, et notamment une soirée du Conseil représentatif des institutions juives de France, rappelleRTL. Lors de ces interpellations, un troisième frère de Farida Bekhaled se trouvait en Syrie, soupçonné d’activer une filière
lyonnaise de djihadistes.

Dans le contexte actuel marqué par les attentats, la probable remise en liberté de la jeune femme risque de donner lieu à bon nombre de polémiques.