Lyon : Un ex-chauffeur de bus jugé pour une série de viols qui avait créé la psychose

JUSTICE Le procès d’un ancien chauffeur de bus accusé d’être le « violeur du 8e » commence ce lundi, à Lyon…

G.D. avec AFP

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L'université Jean Moulin de Lyon avait été la proie à une psychose en 2013, lors des affaires de viols. (Archives
L'université Jean Moulin de Lyon avait été la proie à une psychose en 2013, lors des affaires de viols. (Archives — C. VILLEMAIN/20 MINUTES

La série de viols avait provoqué la psychose. Kamel Abas, ex-chauffeur de bus de 39 ans, comparaît, à partir de lundi, devant les assises du Rhône pour des agressions sexuelles et des tentatives de viol à Lyon.

L’accusé avait étéinterpellé en flagrant délit de viol de sa sixième victime présumée début janvier 2014, dans un parking de Lyon, à l’endroit même où, un an plus tôt, il aurait déjà violé, sous la menace d’un couteau, une autre femme.

Flagrant délit

La police, qui pistait un violeur en sériedepuis des mois, avait été alertée par le témoin d’une dispute entre un couple venant de trouver un sac à main abandonné.

Pensant qu’il pouvait s’agir du sac d’une nouvelle victime du « violeur du 8e », comme l’avait surnommé alors la presse, les policiers s’étaient aussitôt rendus sur place et avaient interpellé en flagrant délit Kamel Abas qui avait tenté de s’enfuir.

Recoupement ADN

Durant sa garde à vue, ce chauffeur dans les transports en commun lyonnais (TCL), sans casier judiciaire et habitant dans le quartier chez sa mère, avait reconnu ce dernier viol et avait été mis en examen.

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Un prélèvement ADN avait ensuite établi que son profil était identique à celui d’un violeur en série qui avait agressé cinq jeunes femmes de 22 à 26 ans, dont trois étudiantes, entre le 18 octobre 2012 et le 31 janvier 2013.

Cette affaire avait fait grand bruit car le juge d’instruction avait ordonné contre l’avis de la Chancellerie un « portrait-robot génétique » du violeur présumé, une pratique longtemps interdite en France et une première réalisée dans le cadre d’une enquête policière dans l’Hexagone. La Cour de cassation a finalement jugé ce portrait-robot génétique « conforme au droit ».

Un même « territoire de chasse »

Vêtu de noir et cagoulé, le violeur présumé agissait tous les quinze jours et toujours de nuit, sur un même « territoire de chasse », un quartier étudiant du 8e arrondissement, et agressait des jeunes femmes seules sous la menace d’un couteau.

Face à la psychose qui grandissait, les universités Lyon 1 et Lyon 2 avaient envoyé à l’époque des courriers électroniques à plus de 30.000 étudiants. Selon les avocats de la partie civile, certaines des agressions ont été particulièrement violentes et des victimes restent extrêmement traumatisées.

Le procès doit durer jusqu’à vendredi. L’accusé risque jusqu’à 20 ans de prison.