Lyon: Le coup de colère de Clotilde, maman d'un petit garçon trisomique, émeut Facebook

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Caroline Girardon

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Baptiste, 3 ans et demi, scolarisé depuis la rentrée, n'a pas d'auxiliaire de vie scolaire, comme cela était prévu.
Baptiste, 3 ans et demi, scolarisé depuis la rentrée, n'a pas d'auxiliaire de vie scolaire, comme cela était prévu. — Clotilde Jenoudet

« Je me suis souvent demandé pourquoi les gens écrivaient de longues tirades sur Facebook en racontant les problèmes qui entravaient leur vie ». Elle se demandait aussi « pourquoi les parents d’enfants malades ou handicapés finissaient par craquer, lançant des appels à l’aide sur les réseaux sociaux ». Aujourd’hui, Clotilde Jenoudet sait : « C’est l’énergie du désespoir » qui les a poussés.

Cette infographiste lyonnaise de 33 ans, a elle aussi « vidé son sac », postant il y a deux jours, un vibrant message sur Facebook. Un coup de colère, un ras-le-bol qui a ému les internautes et qui a été partagé plus de 50.000 fois.

Clotilde est maman d’un petit Batiste âgé de trois ans et demi. Un petit garçon trisomique qui a fait sa rentrée scolaire en septembre. Le problème : l’enfant doit être aidé d’un auxiliaire de vie en classe.

« J’avais fait en sorte d’anticiper. J’avais rencontré la directrice de l’école en novembre 2015, envoyé le dossier en janvier 2016 et même harcelé la MDPH (maison départementale des personnes handicapées) », raconte-t-elle.

« Personne au bout du fil »

En juillet, Clotilde a su que Baptiste bénéficierait de la présence d’un auxiliaire de vie. Sauf que le 1er septembre, personne n’est venu. Depuis, le petit garçon attend. « On a de la chance que la maîtresse l’ait accepté en classe », réagit la jeune maman. Mais ce qui l’a mise le plus en colère n’est pas l’absence d’AVS.

« Depuis la rentrée, je téléphone tous les jours, je reste en ligne de longues minutes avant que ça raccroche. J’envoie des mails. Et pas de réponse. Personne au bout du fil. Je n’ai jamais pu avoir un seul interlocuteur », se décourage Clotilde. « On est dans l’ignorance alors qu’on aimerait être informé. On a le sentiment d’être abandonné alors qu’on a besoin d’être rassuré ».

« Le combat n’est pas fini »

Son message touchant a néanmoins dû avoir l’écho escompté. Clotilde a reçu un appel de l’école l’informant qu’elle avait été prévenue qu’un auxiliaire arrivait dans l’établissement.

« Je sais que le combat n’est pas fini, je sais aussi que d’autres familles sont encore dans la détresse avec ce manque d’aide, de réponses et d’accompagnement », écrit Clotilde Jenoudet sur sa page Facebook.