Accueil des migrants: Laurent Wauquiez vent debout contre le plan Cazeneuve

POLEMIQUE Le président LR d’Auvergne Rhône-Alpes aidera les maires dans leurs « actes de résistance »…

Elisa Frisullo

— 

Lyon, le 15 septembre 2016. Le président d'Auvergne Rhône-Alpes Laurent Wauquiez entend s'opposer à l'application du plan Cazeneuve relatif à l'accueil des migrants.
Lyon, le 15 septembre 2016. Le président d'Auvergne Rhône-Alpes Laurent Wauquiez entend s'opposer à l'application du plan Cazeneuve relatif à l'accueil des migrants. — E. Frisullo / 20 Minutes

« Nous refuserons avec la plus grande détermination l’application de ce plan caché dans notre région ». Le président LR de la région Auvergne Rhône-Alpes n’a pas mâché ses mots ce jeudi midi pour critiquer une fois encore le plan prévu par le ministre Bernard Cazeneuve sur l’accueil des migrants.

Dans le cadre du démantèlement de la « Jungle » de Calais, le gouvernement prévoit en effet de créer 12.000 places d’hébergements pour les migrants d’ici à la fin de l’année en France, en « appliquant un critère démographique pondéré par les efforts faits par chaque région ». Auvergne Rhône-Alpes devrait ainsi accueillir 1.800 personnes.

« Une marque de mépris »

« Cela équivaut à multiplier par cinq le nombre de places destinées à des migrants sur notre région. Auvergne Rhône-Alpes est la première région concernée. C’est de la folie. Cela va créer un énorme appel d’air sur l’immigration clandestine », a martelé Laurent Wauquiez, déterminé à s’opposer à « la multiplication de Calais dans la région ».

>> A lire aussi : L'État veut créer 12.000 places pour désengorger Calais de ses migrants

« Ce plan caché sur la question des migrants est inacceptable. C’est une marque de mépris pour les habitants et les élus de la région la façon dont le ministre procède », a déclaré le président d’Auvergne Rhône-Alpes, qui s’est engagé à soutenir les maires des communes rurales concernées qui s’opposerait aux consignes de l’Etat. « Nous accompagnerons les maires par tous les moyens dans leurs actes de résistance, y compris juridique », a assuré le président par intérim du parti Les Républicains.

La Région se dit ainsi prête à mettre à disposition des élus un conseil juridique pour les aider à déposer des recours auprès du tribunal administratif lorsque la situation l’imposera. Laurent Wauquiez a notamment évoqué, sans les citer, des communes où l’accueil de migrants pourrait entraîner des difficultés en matière de scolarisation, poser des questions d’hygiène et de sécurité dans les locaux censés accueillir ces personnes ou entraîner des troubles à l’ordre public.

Cazeneuve répond à Wauquiez

« La France ne peut plus accueillir cette immigration irrégulière. Ce plan est absurde. Beaucoup de migrants de Calais sont là car ils ont fait une demande d’asile pour le Royaume-Uni. Et on leur propose d’aller à Lyon, Grenoble ou Clermont-Ferrand (…) Je suis convaincu que la réponse qui peut être apportée à cette question est du côté du Royaume-Uni », a ajouté le président LR, qui demande la plus grande transparence du gouvernement sur ce plan. Et l’organisation au ministère de l’Intérieur d’une réunion de travail avec tous les maires concernés.

Invité du 6/9 de France Inter mercredi matin, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé « les contre-vérités » véhiculées par l’opposition sur ce sujet. « Lorsqu’un certain nombre de responsables politiques, qui n’ont de responsable que le nom, expliquent que nous allons créer des mini-Calais partout, ils mentent aux Français », a-t-il déclaré.

« Nous avons procédé à 6.000 accueils de migrants qui relèvent de la demande d’asile en France. C’est-à-dire des gens qui sont persécutés chez eux. Et partout où nous les avons implantés dans des petites structures, les choses se passent bien », a ajouté Bernard Cazeneuve, assurant que « 80 % de ceux accueillis en centre d’accueil et d’orientation (CAO) relevaient de l’asile en France » et n’étaient pas des « migrants économiques irréguliers ».