OL : Pourquoi Corentin Tolisso est notre MVP du début de saison en France

FOOTBALL L’habituel milieu relayeur lyonnais s’est montré éblouissant mercredi soir contre le Dinamo Zagreb (3-0) dans une position plus avancée, avec un but et une passe décisive à la clé…

Jérémy Laugier

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Bruno Genesio n'est pas mécontent d'avoir pu conserver son polyvalent milieu de terrain, auteur d'un match plein mercredi en Ligue des champions.
Bruno Genesio n'est pas mécontent d'avoir pu conserver son polyvalent milieu de terrain, auteur d'un match plein mercredi en Ligue des champions. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Miser sur un succès 3-0 pour les débuts européens de l’OL mercredi était un pari sacrément osé. En plus d’un parcours désastreux la saison passée et d’une mauvaise passe actuellement en Ligue 1, les joueurs de Bruno Genesio ne se présentaient au coup d’envoi qu’avec un seul véritable joueur offensif, Maxwel Cornet.

OK, mais c’était sans compter sur l’homme à tout (bien) faire Corentin Tolisso. Voilà en cinq points pourquoi il est le joueur le plus enthousiasmant du début de saison lyonnais. Voire même de tout le football français, soyons fous.

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Il peut jouer partout, mais alors vraiment partout…

« Coco, il est bien partout », souriait Bruno Genesio mercredi soir, après la large victoire lyonnaise (3-0) face au Dinamo Zagreb. Les prometteurs débuts au poste de latéral droit (et même gauche) avec Rémi Garde (2013-2014) semblent assez loin. Mais rien que depuis un an, l’habituel milieu relayeur a été capable de remplacer avec autorité Maxime Gonalons au poste de numéro 6. Mais surtout de vraiment faire éclater au grand jour ses qualités de finisseur depuis dix jours.

« Ce poste de milieu offensif axial était un rôle particulier pour moi ce soir et il fallait que je joue libéré comme avec les Espoirs », a sobrement confié Corentin Tolisso mercredi soir. Son bilan, entre ces deux succès clés (2-0 contre l’Islande puis 3-0 face à Zagreb) dans un rôle inhabituel ? Trois buts et une passe décisive. On comprend mieux pourquoi à 22 ans, l’intéressé en est déjà à 14 buts en L1 sans jamais avoir été titularisé à un poste offensif.

Il se relève d’une saison où il était parfois à la dérive

Son bilan chiffré en L1 a beau se valoir (5 buts et 6 passes décisives en 2015-2016 contre 7 buts et 1 passe la saison précédente), Corentin Tolisso a quand même connu son lot de galères l’an passé. En quelques mois, il a ainsi eu du mal à assumer un nouveau salaire multiplié par six, le tout en étant annoncé par son président de manière prématurée à l’Euro 2016.

Souvent méconnaissable voire invisible dans le jeu, surtout durant une première partie de saison où tout l’effectif est passé au travers, le natif de Tarare se serait bien passé de deux épisodes ayant davantage noirci son année. A savoir une altercation avec Lindsay Rose dans le vestiaire en octobre puis surtout la perte de balle synonyme d’unique but du derby dans le Chaudron en janvier (0-1).

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Il assume un choix de carrière que peu auraient fait

37,5 millions d’euros ! Cette astronomique somme a fait sourire beaucoup de monde cet été. Jean-Michel Aulas n’en démord pas, il assure que Naples avait formulé cette offre pour recruter Corentin Tolisso, sous contrat jusqu’en 2020 à Lyon. Un pactole qui n’a pas incité le milieu de terrain à tenter l’aventure dans ce gros club de Série A.

« Certains ont pu dire que je n’avais pas eu l’ambition d’aller à Naples, que j’ai manqué de courage, a expliqué Tolisso dans L’Equipe cette semaine. Ma décision, elle est réfléchie. Moi, j’avais encore envie de jouer à l’OL, un club où tout le monde me fait confiance. Donc oui, je suis ici dans mon petit confort, effectivement. » Un choix assumé surprenant et presque anachronique dans le football français, mais qui semble payant au vu de son début de saison.

Il s’est transcendé pour la Ligue des champions

On l’a senti investi d’une mission mercredi au Parc OL. Avec seulement Maxwel Cornet devant lui sur le terrain, Corentin Tolisso a vu ses habituels repères chamboulés. Conscient que tout autre résultat qu’un succès aurait déjà compromis les chances de qualification lyonnaise, il est entré dans cette partie avec un enthousiasme débordant, allant jusqu’à haranguer la foule.

Une fougue récompensée par une tête victorieuse, sur un centre de Rafael (1-0, 13e) qui a absolument tout déclenché côté lyonnais. Ce coup de boule rageur a tout de même eu un peu plus de saveur que son but lors du couac à Dijon (4-2) le mois passé.

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Il a une élégance que peu de joueurs ont

Le concept 100 % Premier League de joueur « box to box » n’a pas totalement percé les frontières de notre Ligue 1. Corentin Tolisso fait tout de même figure de rare spécimen, au vu de sa technique pour casser des lignes au milieu du terrain et adresser des caviars avec la précision d’un meneur de jeu.

Son service pour Maxwel Cornet sur le troisième but mercredi confirme qu’il a vraiment quelque chose. Une élégance rare que notre Ligue 1 n’était pas encore prête à laisser partir. Nous en sommes désormais convaincus.