Lycéenne poignardée à Villefranche: Les élèves entre choc et incompréhension

REPORTAGE Une jeune fille de 15 ans a été poignardée par un autre élève, lundi, dans cet établissement de Gleizé (Rhône)...

Elisa Frisullo

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Gleizé, le 13 septembre 2016. Une lycéenne a été poignardée au lycée Louis-Armand, lundi soir, par un autre élève de Première, âgé de 15 ans.
Gleizé, le 13 septembre 2016. Une lycéenne a été poignardée au lycée Louis-Armand, lundi soir, par un autre élève de Première, âgé de 15 ans. — E. Frisullo / 20 Minutes

Ils n’auraient jamais pensé que leur établissement ferait un jour parler de lui, dans la rubrique « Faits divers ». Ce mardi matin, l’incompréhension et l’incrédulité se lisaient sur le visage des nombreux élèves du lycée Louis-Armand de Gleizé, près de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône, au lendemain du drame qui s’est déroulé dans l’établissement lundi, vers 16 h 30.

Alors qu’elle s’apprêtait à quitter le lycée, une élève de 15 ans, scolarisée en 1re S, a été poignardée à plusieurs reprises devant le portail par un adolescent de sa classe, interpellé peu après les faits. Lundi soir, la jeune fille, héliportée dans un hôpital lyonnais, se trouvait toujours entre la vie et la mort.

« Une élève discrète »

« On a d’abord cru que c’était un fake (une fausse rumeur). Et lorsque l’on a vu la police et les pompiers devant le lycée, on a compris que c’était la réalité. », témoigne un élève de seconde, qui connaît la victime et la décrit comme une lycéenne « sérieuse et discrète ».

« On est tous hyperchoqués et on ne comprend pas ce qui a pu lui passer par la tête de ce gars », ajoute une adolescente, qui, depuis hier, a, comme les autres lycéens, entendu la rumeur qui circule au sujet de l’auteur présumé des coups de couteau. « On parle de déception amoureuse. Mais quels que soient les motifs, rien ne peut expliquer ou justifier un tel geste. C’est même pas de la connerie, c’est de la folie », s’emporte un élève de seconde.

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Un établissement calme et réputé selon les élèves

L’incompréhension est d’autant plus grande que ce lycée, où sont scolarisés 1.500 élèves, n’a jamais connu de problème particulier. « C’est un établissement réputé. C’est calme, c’est pour ça que je suis venu ici. On ne pouvait pas imaginer cela », ajoute l’adolescent.

Un sentiment partagé par Dylan, 18 ans, scolarisé en Bac Pro chaudronnerie. « Il n’y a pas d’emmerdes ici. Et là, on est à peine rentrés depuis deux semaines qu’une fille se fait poignarder », confie-t-il, soucieux de savoir ce qui s’est réellement passé et comment cela a pu se produire. Dans de nombreuses conversations, les lycéens s’interrogeaient sur la sécurité au sein de Louis-Armand, où depuis lundi matin, soit quelques heures avant le drame, les élèves doivent montrer leur carnet de liaison pour pouvoir entrer.

« Avant on rentrait comme dans un moulin. Là, au moins, ils s’assurent qu’on est bien scolarisés ici, mais ils ne nous fouillent pas. Celui qui l’a poignardée a pu rentrer sans problème avec un couteau », ajoute un lycéen.

L’adolescent armé de trois couteaux ?

L’adolescent, soupçonné de « tentative d’assassinat », aurait en effet été retrouvé avec trois couteaux sur lui. Après avoir poignardé l’adolescente, au moins à sept reprises et avec « sang froid » comme le montreraient les images de la vidéosurveillance du lycée, le garçon aurait lâché son arme et se serait laissé interpeller dans le calme, relate ce mardi Le Progrès.

L’adolescent, inconnu des services de police, devait être transféré lundi soir à Lyon. Au terme de ses 48 heures de garde à vue, il devrait être présenté mercredi par le parquet au pôle criminel de Lyon. Lundi soir, le procureur à Villefranche-sur-Saône a ouvert une enquête qui devra notamment déterminer le motif de l’agression. « Pour l’heure nous n’avons aucune idée du motif mais, selon les premiers éléments de l’enquête, il n’y a rien qui m’amène à penser qu’il y a un mobile terroriste », a indiqué Grégoire Dulin. L’enquête a été confiée à la brigade des mineurs de la sûreté départementale

Au sein du lycée d’enseignement général et technologique, une cellule psychologique a été mise en place dès lundi. Des policiers étaient présents devant l’établissement ce mardi matin pour sécuriser l’entrée des élèves, accueillis également par les responsables et incités à ne pas rester attrouper devant Louis-Armand par mesure de précaution. « Il va y avoir des temps d’échange et de discussion dans les classes. Nous avons besoin de nous retrouver avec les enseignants et les élèves, pour rassurer », a indiqué le proviseur adjoint.