Un an de prison avec sursis requis contre l'octogénaire qui a aidé sa femme à mourir

JUSTICE La décision sera rendue le 10 novembre...

C.G. avec AFP

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Saint-Etienne, le 22 septembre 2015. Jean Mercier, accusé d'avoir aidé sa femme à se suicider en novembre 2011, à son arrivée au tribunal correctionnel. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES
Saint-Etienne, le 22 septembre 2015. Jean Mercier, accusé d'avoir aidé sa femme à se suicider en novembre 2011, à son arrivée au tribunal correctionnel. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES — AFP

Une « peine de principe » d’un an de prison avec sursis a été requise à l’encontre de Jean Mercier, 88 ans. Soit la même chose qu’en première instance. L’homme était jugé jeudi devant la cour d’appel de Lyon pour avoir aidé sa femme dépressive à mourir en 2011.

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Josiane Mercier « n’était pas en fin de vie, elle n’était pas atteinte d’un mal incurable, elle souffrait d’arthrose, d’anxiété », a déclaré l’avocate générale, Fabienne Goget, pour qui « la mort n’était pas la seule issue » pour cette femme de 83 ans.

Mais Jean Mercier « a agi au nom de convictions philosophiques et il revendique son geste », a souligné la magistrate, évoquant l’adhésion du couple à l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), omniprésente dans ce dossier.

« Montrer l’attachement que la cour porte à la vie »

« Ce qui compte, c’est une peine de principe et il ne faut pas descendre en deçà d’un seuil symbolique », a poursuivi Fabienne Goget en demandant à la cour de « confirmer le jugement » du tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour « montrer l’attachement qu’elle porte à la vie humaine ».

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Le 27 octobre 2015, l’octogénaire qui souffre d’un cancer de la prostate et de la maladie de Parkinson, avait été condamné pour non-assistance à personne en danger à un an de prison avec sursis. Bien en deçà des trois ans avec sursis requis. Mais il avait fait appel de sa condamnation, ainsi que le parquet.

Assis à la barre, il a raconté comment, le matin du 10 novembre 2011, sa femme qui souffrait d’arthrose lombaire et venait de se casser le poignet, s’était réveillée en se plaignant. Elle lui avait demandé « d’apporter des médicaments » et de la morphine, et de l’aider à les décapsuler.

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« C’était la première fois qu’elle m’implorait, on s’était promis (de s’aider à en finir, ndlr) et je ne pouvais pas faire autrement », a poursuivi l’octogénaire. Il attend alors son dernier souffle et appelle un médecin auquel il explique son geste car il n’est pas un « lâche ».

« La peine infligée je m’en moque, je préférerais l’acquittement mais ce qui compte, c’est le combat que je mène pour faire avancer les choses », a déclaré Jean Mercier en marge de l’audience.

La cour rendra son arrêt le 10 novembre.